La liste des nanos dans les cosmétiques (enfin) publiée

Le 19 juin 2017 par Marine Jobert
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Des nanos dans le rouge à lèvre.
Des nanos dans le rouge à lèvre.
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Avec trois années de retard, la Commission publie la liste des dizaines de préparations cosmétiques qui contiennent des ingrédients sous forme nanométrique. L’Union européenne lance en outre un observatoire des nanomatériaux, très critiqué par les associations spécialisées.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les nano dans les cosmétiques… sans savoir à qui le demander. La Commission européenne publie la liste de tous les nanomatériaux utilisés dans les produits cosmétiques mis sur le marché, y compris ceux qui sont utilisés comme colorants, filtres ultraviolets et agents conservateurs. On y trouve des vernis à ongles, des savons, du mascara en pagaille, des fonds de teint ou des bains de bouche, agrémentés de dioxyde de titane, de bisoctrizole, de noir de carbone, de sulfate de baryum ou de tartrazine sous forme nanométrique.

L’Observatoire de l’Union européenne sur les nanomatériaux (EUON) vient de voir le jour sur la toile. Destiné aux consommateurs comme aux représentants de l’industrie, aux ONG environnementales ou aux acteurs dans l’élaboration de politiques en ce domaine, il aspire à proposer «des informations au contenu intéressant sur la sécurité, l’innovation et la recherche dans le domaine des nanomatériaux ainsi que sur leurs utilisations». Les ONG européennes mobilisées sur les nano ont refusé de participer à son élaboration, «faute de temps, de ressources et d'avoir été entendues»: elles considèrent que cet observatoire est un «succédané au registre européen nano, tué dans l'œuf, et qu'il ne sera pas à la hauteur des besoins en termes de transparence et de vigilance autour des risques sanitaires et environnementaux associés aux nanomatériaux.»

Trois ans de retard

Des données qui auraient dû être publiées depuis trois ans déjà. Un retard que la Commission justifie par le fait que «les données extraites du [portail dédié[1]] se sont révélées largement incohérentes ou imprécises. Des substances peu susceptibles d’exister en tant que nanomatériaux ont par exemple été notifiées, tandis que des substances identifiées en tant que nanomatériaux n’ont pas été notifiées selon la procédure spécifique.» Les responsables ont été priés de revoir leur copie et de la corriger éventuellement. Quant aux Etats, ils sont invités à intervenir à plusieurs reprises par le biais de la surveillance du marché. «Grâce à ces mesures correctives, le catalogue contient à présent des informations plus cohérentes et plus précises», assure la Commission.

1% des cosmétiques en contiennent

Les nano ont-ils envahi notre salle de bains? «A la fin de l’année 2016, moins de 1% des produits cosmétiques qui ont été notifiés dans le CPNP étaient identifiés comme contenant des nanomatériaux», indique Bruxelles, qui précise que «le catalogue a une valeur purement informative et ne constitue, en aucun cas, une liste des nanomatériaux autorisés.»

 

 


[1] Tous les cosmétiques doivent être notifiés par voie électronique à la Commission européenne via le portail de notification des produits cosmétiques (Cosmetic Products Notification Portal —CPNP) par la personne responsable, avant leur mise sur le marché, à des fins de surveillance du marché et afin de permettre un traitement médical prompt et approprié.

 



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