La légionellose, une maladie encore difficile à cerner

Le 06 novembre 2007 par Agnès Ginestet
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En 2006, l’incidence des cas déclarés a diminué , mais l’objectif fixé dans le plan gouvernemental est encore loin d'être atteint.

1.443 en 2006 contre 1.527 en 2005. C'est la première fois depuis le début de la surveillance de la légionellose en 1987 que le nombre de cas enregistrés en France diminue. «Il est cependant trop tôt pour interpréter cette baisse et il est primordial d'attendre les prochaines années pour confirmer ou non cette tendance», affirment les auteurs de l'article publié dans le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'Institut de veille sanitaire (InVS) (1).

En y regardant de plus près, l'incidence déclarée en 2006 reste supérieure à celle observée dans toute l'Europe, et éloignée de l'objectif fixé dans le cadre du plan gouvernemental de prévention des légionelloses datant de 2004: réduire de 50% l'incidence de la légionellose d'ici 2008. Car avant de diminuer de 6% entre 2005 et 2006, l'incidence avait augmenté entre 2004 et 2005.

L'InVS souligne toutefois la nette amélioration de la surveillance de la maladie durant ces dernières années. Des investigations de cas groupés permettent parfois de remonter à l'origine potentielle de la contamination, en comparant souches cliniques prélevées sur les personnes touchées et souches environnementales prélevées au niveau des sources potentielles de contamination (souvent des tours aéroréfrigérantes, Tar -2-). Au cours de l'année 2006, par exemple, le réseau d'eau sanitaire d'une résidence de location a entraîné 6 cas de légionellose à Biarritz (Pyrénées-Atlantique) et les Tar de la gare d'Austerlitz à Paris ont été à l'origine de 29 cas.

L'InVS observe par ailleurs une réduction des délais de déclaration. Sur la totalité des cas survenus en 2006, 72% ont été signalés aux Directions départementales des affaires sanitaires et sociales (Ddass) dans un délai d'une période d'incubation (10 jours) et 90% dans un délai de deux périodes d'incubation. Autre constat: la létalité liée à la légionellose diminue, mais selon l'InVS «il conviendrait de mieux documenter les décès pour identifier les raisons de cette diminution (diagnostic plus précoce, amélioration de la prise en charge…)». Une étude nationale a été lancée en 2006 pour améliorer les connaissances sur les déterminants liés à la létalité.

Toutefois, remonter à l'origine d'une contamination et prouver qu'une installation est en cause peut s'avérer difficile. En Moselle, un spa exposé dans le cadre d'une foire artisanale a été suspecté d'être à l'origine de 15 cas de légionellose en septembre 2006, mais sans preuve définitive à cause du manque de la souche environnementale.

Au final, l'InVS estime que les actions menées (contrôles officiels inopinés des Tar, déclaration des cas de maladie…) ont contribué à améliorer la surveillance, mais «il est nécessaire d'améliorer les connaissances sur la bactérie et son comportement afin d'intervenir en amont sur les installations les plus à risque et limiter ainsi l'impact sur les populations exposées».



(1) «Les légionelloses survenues en France en 2006», Christine Campèse, Catherine Maine et Didier Che, BEH numéro 43 du 6 novembre 2007

(2) Voir les articles du JDLE «Légionelles: des progrès pour les tours aéroréfrigérantes»; «Renforcement des actions contre la légionelle»; «Encore des inconnues concernant les légionelles»






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