La légionellose n’a connu qu’une faible baisse en 2007

Le 23 juillet 2008 par Agnès Ginestet
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L’Institut de veille sanitaire (InVS) juge le bilan 2007 des légionelloses encourageant. Le nombre de cas reste toutefois très élevé et l’objectif de réduction que fixait le plan gouvernemental 2004-2008 apparaît totalement hors d’atteinte.

Avec 1.428 cas de légionelloses déclarés en 2007, soit un taux d'incidence de 2,3 pour 100.000 habitants, l'InVS évoque dans le bilan 2007 publié dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du 22 juillet une «stabilisation de l'incidence depuis 2005». Cette année-là, l'incidence avait atteint son maximum avec 2,5 cas pour 100.000 habitants, alors qu'elle était de 2 cas pour 100.000 habitants en 2004. Cette augmentation de cas entre 1997 et 2005 est expliquée par l'InVS comme probablement due à une amélioration du système de surveillance. Il n'en reste pas moins que l'objectif de réduction de 50% de l'incidence de la maladie entre 2004 et 2008 annoncé dans le plan gouvernemental de prévention des légionelloses est encore loin d'être atteint. La comparaison des chiffres français avec la moyenne européenne de 1,1 cas pour 100.000 habitants en 2007 peut également paraître inquiétante, même si la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) du ministère de la santé indiquait en 2007 que cette différence était peut-être due à une meilleure performance du système de déclaration (1).

Le bilan 2007 indique que la légionellose a été létale dans 10% des cas (130 cas sur 1284 renseignés). Des facteurs favorisant l'apparition de la maladie ont été identifiés chez 70% des personnes atteintes, dont le tabagisme, le diabète ou encore la prise de corticoïdes. Diverses investigations de cas groupés (une source commune à plusieurs cas) ont été menées. Par exemple, dans le Pas-de-Calais, 9 personnes habitant une zone géographique restreinte ou l'ayant fréquentée ont contracté la légionellose durant l'été 2007. L'une des souches identifiées présentait un profil génomique comparable à une souche présente dans le bassin d'aération d'une usine de la zone. A Agen (Lot-et-Garonne), 4 cas nosocomiaux probables de légionellose ont été identifiés entre mai et décembre 2007 dans un centre hospitalier. Si aucune souche clinique n'a été isolée, le réseau d'eau présentait des taux élevés de légionelles, «reflétant une maîtrise insuffisante des températures et de l'équilibrage hydraulique du réseau sanitaire».

Par ailleurs, 7.200 tours aéroréfrigérantes (Tar), potentielles sources de contamination, ont été recensées en France en 2007. 193 de ces installations classées ont été arrêtées pour nettoyage et désinfection après que des teneurs supérieures au seuil d'action de 10^5 UCF/L aient été détectées. En 2006, 353 Tar avaient subi le même traitement.

Finalement, l'InVS insiste sur la nécessaire poursuite des recherches pour améliorer les connaissances sur le développement et la dispersion des bactéries et pour «adapter en amont la conception des installations». Il préconise également la mise au point de nouveaux outils de diagnostic pour détecter et prendre en charge les cas assez tôt.



(1) «L'état de santé de la population en France - Indicateurs associés à la loi relative à la politique de santé publique - Rapport 2007»


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