La justice valide l'agrandissement de l'aéroport de Nice

Le 02 mars 2020 par Victor Miget
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L'aéroport de Nice devrait accueillir 21 millions de passagers en 2030.
L'aéroport de Nice devrait accueillir 21 millions de passagers en 2030.
AREP / Eiffage / Aéroports de la Côte d'Azur

L’agrandissement du terminal 2 de l'aéroport de Nice-Côte d'Azur a été validé, vendredi 28 février, par le tribunal administratif.

 

Le 27 février 2020, la construction de la troisième piste de l’aéroport de Heathrow (Royaume-Uni) était annulée par la cour d’appel d’Angleterre. Une décision justifiée par la non-prise en compte de l’Accord de Paris. Cette première avait galvanisé les opposants aux grands projets d’infrastructures aéroportuaires en France. Mais au lendemain de la victoire londonienne, associations et ONG ont essuyé une défaite à Nice.

Un bâtiment sans impact

Le juge des référés du Tribunal administratif de Nice a rendu une ordonnance de rejet de la requête de suspension du permis de construire de l’extension du T2 de l’aéroport de Nice Côte d’Azur. Permis signé par le Préfet des Alpes-Maritimes le 13 janvier 2020. «La légalité du permis de construire doit s’apprécier au regard des seules incidences directes ou indirectes que les nouveaux bâtiments sont par eux-mêmes susceptibles d’emporter sur leur environnement, tant au cours des travaux de construction que dans leur usage, une fois achevés», indique le tribunal. 

Selon le juge, aucun élément ne permet de penser que la construction ou son fonctionnement aurait «par elle-même, ou par effets induits, des incidences notables sur le réchauffement climatique, la biodiversité ou la santé publique». Les moyens soulevés par les requérants concernant de potentiels risques pour la sécurité, le littoral, et de zones naturelles protégées (l’aéroport est implanté près d’une zone Natura 2000) ont été jugés insuffisants.

Thierry Bitouzé, du collectif O6 à l’origine de la procédure judiciaire, regrette que le tribunal n’ait pas pris en compte un avis de l’Autorité environnementale. «Elle avait émise de fortes réserves dans un rapport rendu le 15 juillet 2019. Selon elle, l’étude d’impact n’étaient pas à la hauteur». Mais le préfet des Alpes-Maritimes, «en toute connaissance de cause», avait quand même prononcé l’octroi du permis de construire.

Ce n’est pas la fin

Les opposants ne comptent pas s’arrêter là.: «nous sortirons de cette juridiction et nous irons directement devant le Conseil d’Etat», confirme Thierry Bitouzé.

Porté par la Société des Aéroports de la Côte d’Azur (SACA), Le projet d’agrandissement ambitionne de porter à 21 millions le nombre de passagers, en 2030, contre 18 millions en 2023 Cette accroissement d’activité impose la réalisation de six nouvelles salles d'embarquement, une d'enregistrement des bagages et une de livraison des bagages. Le coût du projet est chiffré à 75 millions d'euros. Selon les associations, le nombre de mouvements d’avions devrait progresser de 12% entre 2020 et 2030. De quoi alourdir de 60.000 tonnes de CO2 par an le bilan carbone de Nice-Côte d’Azur. .