La justice clémente avec un affameur de poules

Le 06 mars 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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170.000 volatiles ont payé pour les difficultés de leur propriétaire.
170.000 volatiles ont payé pour les difficultés de leur propriétaire.

Le gérant d'un élevage industriel de poules ayant laissé mourir de faim des dizaines de milliers de volailles en France fin 2010 a été condamné, ce mardi 6 mars, par le tribunal correctionnel de Strasbourg. Il écope de 9 mois de prison avec sursis et 3.000 euros d'amende.

Zeki Karahancer, gérant de la société Alsace Œufs, dont l'entrepôt était situé à Kingersheim, dans l'est de la France, a en outre été condamné à 5 ans d'interdiction de gérer ou de diriger un entrepôt d'élevage. Reconnu coupable «d'acte d'abandon d'animaux», il n'avait pas pu nourrir 200.000 volatiles, en novembre 2010, faute de livraisons d'aliments, en raison d'un litige financier avec son fournisseur. Au titre de l’article 521-1 du code pénal, le prévenu encourait une peine de 2 ans de prison et 30.000 € d'amende.

La situation avait suscité la colère des riverains, confrontés à une invasion de mouches, et l'émoi des associations de défense des animaux. Six de ces associations s'étaient d'ailleurs portées parties civiles dans ce procès.

Alors que la mortalité normale dans ce type d'élevage en batterie est de 100 à 150 poules par semaine, elle atteignait à Kingersheim 6.000 par jour, avait relevé le tribunal lors de l'audience tenue le 7 février. Les survivantes picoraient les carcasses de leurs congénères pour calmer leur faim.

Le prévenu avait expliqué à la barre qu'il avait «essayé» d'améliorer les conditions d'élevage. Son défenseur, Dominique Riegel, avait plaidé la relaxe, arguant que l'installation était «sous le contrôle total des services de l'Etat et des services vétérinaires».

L’affaire s'était soldée par l'intervention des services de la préfecture, qui avaient fait évacuer 35.000 cadavres, tandis que 135.000 poules vivantes avaient été emmenées à l'abattoir.

 



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