La haute mer est de plus en plus fragilisée

Le 12 juillet 2017 par Stéphanie Senet
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Les pressions anthropiques s'accentuent
Les pressions anthropiques s'accentuent

Commandée par la coalition d’ONG High Seas Alliance, une synthèse de 210 études scientifiques dresse, ce 12 juillet, le bilan des services rendus par la haute mer et pointe les régions en état critique. L’occasion de rappeler l’urgence de conclure un traité international de protection de la biodiversité en haute mer.

 

Réalisé par des scientifiques du département zoologique de l’université d’Oxford, ce nouvel opus fait la synthèse des principales études publiées depuis le Sommet de la Terre de 2012, alors que le dernier comité préparatoire à un traité sur la haute mer se tient à New York jusqu’au 21 juillet. Au chapitre des services rendus par les mers et océans, le stockage de CO2 -faut-il le rappeler- représente l’un des plus essentiels. 40% des émissions produites depuis le début de la révolution industrielle y sont ainsi enfouies. Pour rappel, la haute mer -qui se trouve au-delà des zones économiques exclusives- totalise 60% de la surface des océans.

Etat critique

Plus de la moitié de l’oxygène produit sur Terre provient du phytoplancton. Mais les zones ‘mortes’ ou déficitaires en oxygène s’accumulent, à cause de l’écoulement des fertilisants agricoles et du réchauffement climatique, alertent les chercheurs. C’est le cas de la baie du Bengale, au nord-est de l’Inde, où de nombreuses espèces sont en train de disparaître.

Du côté de la biodiversité, plus de 825 nouvelles espèces eucaryotes ont été recensées entre 2012 et 2017. Sans oublier l’apport des protéines provenant des océans. En 2013, les poissons ont apporté environ 20% des protéines animales mondiales à plus de 3 milliards de personnes. Et avec la hausse de la population, la pression sur les ressources halieutiques sera croissante.

Réduire la pression

La pêche représente sans conteste l’une des pressions anthropogéniques les plus fortes alors que 30% seulement des ressources halieutiques sont exploitées à un niveau acceptable. Sur les 163 espèces connues, 12% d’entre elles risquent de disparaître à cause de la surpêche tandis que l’état de 30% d’entre elles reste inconnu.

L’extraction de ressources minières et la production de gaz et de pétrole présentent également des dangers pour les écosystèmes marins. Tout comme les pollutions chimiques et le changement climatique. La hausse de la température de l’eau a ainsi provoqué l’essor de la bactérie Vibrio, responsable de la recrudescence de maladies comme le choléra, la gastroentérite ou les septicémies.

Gouvernance contraignante

«Ce rapport souligne la nécessité impérieuse de mettre en place une gouvernance contraignante pour gérer la haute mer et appliquer le principe de précaution afin d’assurer la durabilité des activités humaines», commente Peggy Kalas, coordinatrice de la High Seas Alliance.

«La science est claire, les réserves marines sont nécessaires pour parvenir à une résilience de l’océan contre les effets du réchauffement climatique. L’objectif partagé par la communauté internationale de protéger 10% de l’océan à travers les réserves marines doit être garanti au plan quantitatif et qualitatif», estime Sophie Margaux, négociatrice internationale pour le ministère belge de l’environnement. La balle est désormais dans le camp de l’assemblée générale des Nations unies qui dira si, oui ou non, elle lance officiellement les négociations diplomatiques finalisant les contours d’un nouveau traité international.



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