La guerre du purin d’ortie est relancée

Le 10 décembre 2010 par Sabine Casalonga
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L’Association pour la promotion des Produits naturels peu préoccupants (Aspro-PNPP), en partenariat avec d’autres ONG[1], a relancé mercredi 8 décembre la guerre du « purin d’ortie » avec une action de « désobéissance civique » à la mairie de Montreuil (Seine-Saint-Denis).

 

Soutenus par la municipalité et des élus Verts franciliens, les membres d’Aspro-PNPP ont épandu sur les plates-bandes de la mairie du purin d'ortie et l'huile de neem, deux préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP), utilisées par les jardiniers et agriculteurs bio en alternative des pesticides, mais dont l’usage est illégal en France.

 

La réglementation européenne et la loi sur l’eau de 2006 prévoient en effet que les PNPP soient soumises, à l’instar des pesticides de synthèse, à une procédure d’autorisation de mise sur le marché (AMM). Ce que les ONG dénoncent alors « qu’ils sont autorisés par le règlement européen de l’agriculture biologique et utilisés dans les autres pays européens ».

 

Les PNPP bénéficient cependant d’une procédure simplifiée fixée par le décret du 25 juin 2009 [voir le JDLE]. Celle-ci prévoit une évaluation de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), préalable à la délivrance de l’autorisation « afin de garantir de manière scientifique leur efficacité et l’absence de risque pour l’environnement et la santé », précise le ministère chargé de l’agriculture dans un communiqué du 9 décembre.

 

« Mais le gouvernement a rajouté un article exigeant que la substance de base de ces produits soit inscrite sur l'annexe 1 de la directive européenne sur les produits phytosanitaires », indique Guy Kessler de la Confédération paysanne, selon l’AFP. Les critères d'homologation sont très compliqués. Et la démarche est très chère, plusieurs dizaines de milliers d'euros, et prend beaucoup de temps, rappelle-t-il en insistant qu'il s'agit de produits naturels « non toxiques et utilisés depuis des siècles basés sur des savoir-faire traditionnels ».

 

« L’entêtement de l’administration française à vouloir traiter les PNPP comme des pesticides conduit les agriculteurs, les jardiniers et les collectivités locales dans des impasses réglementaires inacceptables », affirme Aspro-PNPP qui demande la reconnaissance effective des PNPP, le droit à leur utilisation et à leur commercialisation.

 

Le ministère chargé de l’agriculture indique qu’une « première liste de références des éléments naturels à partir desquels peuvent être élaborées les PNPP sera publiée au bulletin officiel du ministère d’ici janvier 2011 ». Le rapport du député Antoine Herth (UMP, Bas-Rhin), visant à faciliter le développement des méthodes de biocontrôle, dont les PNPP, devrait également être remis au printemps 2011.

 



[1] La Confédération paysanne, Nature & progrès, Les Amis de la terre, Les Amis de l’ortie, L’Ortie, mouvement Cultures biodynamiques, Déméter, Syndicat des simples, Kokopelli, Agro bio-Périgord.



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