La grippe aviaire revient

Le 19 novembre 2014 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La dinde, victime de H5N8
La dinde, victime de H5N8
DR

La grippe aviaire refait surface en Europe, avec l’arrivée d’une nouvelle souche originaire d’Asie, la H5N8. Très pathogène pour la volaille, son risque de transmission à l’homme semble pour l’instant assez faible, rassurent les autorités européennes.

 

C’est en début d’année que cette nouvelle souche a pour la première fois été identifiée au Japon, en Chine et en Corée du Sud. Dans ce dernier pays, plus de 10 millions de volailles d’élevage ont dû être abattues, soit presque 6% de la production nationale.

Or voilà que l’Europe est touchée à son tour: après un premier élevage de 31.000 dindes atteint début novembre dans le nord-est de l’Allemagne, les Pays-Bas ont annoncé un premier cas le 16 novembre, un élevage de 150.000 poules dans la province d’Utrecht. Le même jour, le Royaume-Uni en recensait également un, dans un élevage de 6.000 canards dans le Yorkshire.

Face au risque, surtout commercial, engendré par le H5N8, les autorités de ces pays ont aussitôt procédé à l’abattage des élevages touchés. Suivant la réglementation européenne, toute exportation de volailles ou d’œufs est suspendue. Au sein de ces pays, le transport de ces marchandises a été suspendu pour une durée de 72 heures, voire de 30 jours pour les élevages situés dans un rayon de 10 kilomètres autour de celui affecté.

Lors d’une conférence de presse organisée mardi 18 novembre par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’épidémiologiste Elizabeth Mumford a indiqué que l’arrivée de H5N8 était probablement le fait d’oiseaux migrateurs. «Nous savons que le virus est arrivé d'Asie avec la migration d'oiseaux sauvages (...) et que les canards sauvages peuvent continuer à migrer tout en étant infectés par le virus et le propager», a-t-elle déclaré, selon l’Agence France-Presse (AFP).

La propagation de cette nouvelle grippe aviaire semble fort probable, notamment vers l’Europe du Sud, et vers la France. Ayant renforcé la surveillance, le ministère de l’agriculture s’est dit prêt, dans un communiqué diffusé lundi, à «activer le plan national d’intervention sanitaire d’urgence».

A ce jour, aucun cas humain n’a été recensé dans le monde. Pour le gouvernement britannique, «le risque pour la santé humaine est très faible, et il n’y en a aucun pour la chaîne alimentaire». Du côté de l’OMS, on se montre plus prudent: «Si sa propagation augmente, il n'y a pas de raison qu'il n'y ait pas de cas humains, mais tout dépend du virus et de son évolution», explique Elizabeth Mumford.

Derrière le H5N8 plane le spectre de la dernière grippe aviaire ayant touché l’Europe, le H5N1, apparue en 2003 en Asie du Sud-est. Selon le dernier bilan publié début octobre par l’OMS, ce virus a touché 668 personnes, dont 393 sont décédées, soit un taux de mortalité de 59%, - bien plus élevé que celui de l’épidémie d’Ebola touchant actuellement l’Afrique de l’Ouest, qui est de 36% [1].

Autre grippe aviaire étroitement surveillée par l’OMS, celle causée par la souche H7N9. Pour l’instant restreinte à la Chine, elle s’avère aussi dangereuse pour l’être humain en cas de contamination. Début octobre, l’OMS évoquait 453 cas confirmés, dont 175 décès.

[1] Différence majeure, Ebola se transmet d’humain à humain, alors que H5N1 ne se contracte que par contact avec des animaux infectés. Ce qui explique pourquoi Ebola revêt un caractère épidémique, alors que la grippe H5N1 se résume à des cas isolés, dans des zones à forte densité d’oiseaux d’élevage.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus