La Grèce pourrait séquestrer bien du carbone

Le 23 décembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Athènes est très dépendante des énergies fossiles pour sa production d’énergie. Charbon, gaz et produits pétroliers fournissent 95 % de l’énergie primaire des Hellènes. Profitant de la présence de gros gisements dans le sous-sol grec, l’électricien local – PPC - a conçu son mix énergétique autour de l’exploitation du lignite, l’un des combustibles les plus émetteurs de gaz carbonique.


Aujourd’hui encore, le tiers des capacités installées de PPC consomment cette roche intermédiaire entre la tourbe etla houille. L’histoire et la géologie sont les grands responsables des piètres performances climatiques du secteur énergétique grec qui, avec une cinquantaine de millions de tonnes équivalent CO 2 (MteqCO 2) par an pèse environ la moitié de l’empreinte carbone nationale.

Cette situation est néanmoins appelée à s’améliorer. Anticipant l’arrivée du gazoduc russe South Stream, Athènes encourage la construction de centrales à gaz. Selon le ministère de l’environnement, 6000 mégawatts au gaz remplaceront les plus anciennes installations au lignite d’ici 2030. Les énergies renouvelables ne sont pas oubliées. Dans 20 ans, la Grèce continentale, le Péloponnèse et les îles seront couvertes de 3.833 mégawatts crête de panneaux photovoltaïques (contre 184 MWc en 2010), de 10.000 MW éoliens (1.327 MW en 2010) et de 4.531 MW hydroélectriques (3.237 MW en 2010). Ces perspectives, aussi importantes soit-elles pour un petit pays, endetté de surcroit, ne suffiront pas à lui faire tenir ses engagements internationaux. Le respect des objectifs du paquet Energie-climat impose à la Grèce de ne pas émettre plus d’une soixantaine de millions de tonnes de gaz à effet de serre en 2020. Or, au rythme actuel, le bilan carbone d’Athènes tournera, dans 10 ans, autour de 80 MteqCO 2.


Dès lors, pourquoi ne pas s’aventurer sur la voie de la capture et de la séquestration géologique du CO 2 (CSC) ? Une question à laquelle répond Bellona, dans un rapport mis en ligne mercredi 22 décembre. Connue pour être l’une des rares ONG environnementales favorables aux technologies CSC, l’association norvégienne estime que la Grèce a tout intérêt à doter ses centrales et ses cimenteries de système de CSC.

A coût acceptable (surtout si le coût du quota ETS progresse), les secteurs énergétique et cimentier pourraient ainsi abattre de moitié leurs rejets carbonés d’ici 2050, voire 2035, selon les scénarios. Ces rejets pourraient être injectés dans le sous-sol (terrestre et marin) de la Macédoine centrale, où les géologues ont identifié 5 structures géologiques susceptibles de stocker 2,4 milliards de tonnes de dioxyde de carbone.

Bellona souligne également qu’un « carboduc » transnational pourrait véhiculer le CO 2 grec jusqu’en Roumanie (ce qu’autorise la directive européenne CSC de 2009) pour qu’il soit injecté dans les gisements de pétrole en fin de vie. Bref, le potentiel est là. Reste à financer l’installation des systèmes de captage, de transport et d’injection du gaz carbonique. Ce qui n’est plus du ressort d’une simple ONG.



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