La grande distribution progresse dans sa lutte contre le gaspillage alimentaire

Le 08 février 2018 par Stéphanie Senet
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La plupart des supermarchés ont signé une convention de dons mais beaucoup d'invendus sont encore jetés
La plupart des supermarchés ont signé une convention de dons mais beaucoup d'invendus sont encore jetés

Selon un baromètre publié ce 8 février, 94% des supermarchés respectent leur obligation de donner les invendus alimentaires. Mais la collecte laisse encore à désirer, tout comme la mise en place d’actions complémentaires.

Deux ans après la loi Garot contre le gaspillage alimentaire, les progrès s’avèrent mitigés dans l’Hexagone. Certes, la mobilisation de la grande distribution s’est accrue. Selon le premier baromètre réalisé par Ipsos pour Comerso[1], elle a conduit un tiers des surfaces de vente de plus de 400 mètres carrés à signer une convention de dons avec une association caritative ou à mettre en œuvre des actions supplémentaires contre le gâchis. La plupart pratiquaient déjà les dons si bien que 94% d’entre elles ont pris le pas aujourd’hui.

Mais leur mise en œuvre est perfectible. 55% des magasins ne sont en effet pas collectés tous les jours et pour 20% d’entre eux, la récupération[2] fait l’impasse sur le camion frigorifique si bien que la chaîne du froid n’est pas respectée.

Gestion des stocks et marquage

Mais la lutte contre le gaspillage ne s’arrête pas aux dons. En moyenne, 5,4 actions ont été mises en place par magasin. A commencer par une meilleure gestion des stocks (98%), mais aussi le marquage des produits à date courte (92%).

Ce marquage est en général pratiqué sur les produits frais, en particulier pour les ventes en libre-service. Il est surtout motivé par la diminution de la casse (98%), la sauvegarde d’une partie des marges (74%), et la satisfaction de la clientèle (63%). Mais son suivi laisse à désirer. 51% seulement des magasins en réalisent un par jour ou par semaine. Pour les autres, il est irrégulier, voire inexistant. «L’analyse des ventes de produits marqués et la mise en place d’actions ciblées est très chronophage», expliquent les responsables.

Recentrage et formation

Autres actions mises en place par la grande distribution: le recentrage des assortiments (69%), les formations anti-gaspi (52%), la transformation des produits (39%), la sensibilisation des clients (37%), le conseil anti-gaspi (32%), la vente assistée (26%) et la valorisation des déchets (16%) comme leur méthanisation ou leurs dons aux éleveurs.

Le gaspillage alimentaire n’est toutefois pas limité à la grande distribution. Celle-ci n’est responsable que de 14% des tonnages gaspillés en France selon une étude de l’Ademe[3] de mai 2016, contre 33% issus des consommateurs, 32% des producteurs et 21% des transformateurs.



[1] C’est un prestataire de la valorisation des invendus de la grande distribution.

[2] En général, c’est l’association bénéficiaire qui vient récupérer les produits.

[3] Ademe: Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie

 



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