La gestion patrimoniale des réseaux d’eau, une tâche complexe

Le 05 mai 2008 par Agnès Ginestet
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Les collectivités ont la responsabilité de gérer le vieillissement des réseaux d’alimentation en eau potable (AEP) et d’assainissement. S’il n’est pas simple de prévoir les renouvellements de canalisations, des outils de plus en plus performants existent.

Le territoire français compte environ 850.000 kilomètres de conduites d’AEP, dont 10% sont âgées de plus de 50 ans et 44% ont entre 30 et 50 ans. Les collectivités doivent gérer et renouveler leurs réseaux pour qu’ils conservent leur efficacité. Un sujet qui a été abordé dans le cadre de la journée de l’Association scientifique et technique pour l’eau et l’environnement (Astee), le 8 avril. «Ce patrimoine est un héritage empoisonné, car les réseaux sont pour la plupart enterrés, et l’accès n’y est donc pas direct», a déclaré à cette occasion Jean-Christophe de Massiac, du bureau d’études spécialisé dans la gestion patrimoniale des réseaux G2C environnement. «En France, le renouvellement actuel -0,5% par an- est insuffisant. Il faudrait 200 ans pour renouveler le parc actuel», a-t-il ajouté.

Les enjeux liés à un maintien des réseaux en bon état sont multiples. Pour la société de délégation de service public Saur, il s’agit d’«assurer la demande en eau, améliorer ou maintenir la qualité de l’eau distribuée, assurer la durabilité des installations, réduire les pertes et optimiser les interventions». Selon un chercheur du Cemagref, un changement de canalisations devient nécessaire à cause d’un diamètre insuffisant, de problèmes de qualité de l’eau liés à de la corrosion interne, de pertes d’eau dues à des fuites diffuses ou encore de casses entraînant une interruption de service.

De leur côté, les délégataires et bureaux d’études spécialisés proposent aux collectivités de mettre en place un programme pluriannuel de renouvellement de réseaux. Le travail d’anticipation est basé sur des données comme le diamètre des canalisations, leur matériau ou leur âge, ainsi que les dates d’interventions pour réparation, le type d’incident, la cause présumée… Selon Jean-Louis Gagnon, de la Saur, l’enregistrement des données sur un Système d’information géographique (Sig) permet une représentation géographique du patrimoine technique (canalisations, branchements…), une représentation des «événements» techniques (interventions de maintenance, incidents…), une représentation d’alertes (incidents réseaux…) et une supervision et un pilotage de l’exploitation.

A partir des données recueillies, des modélisations sont utilisées pour anticiper le renouvellement des réseaux. Le Cemagref a ainsi mis au point le logiciel Casses, utilisé par des collectivités, qui permet, en testant différents scénarios de prévoir le nombre de casses futures et d’identifier les canalisations les plus à risque. Le délégataire Veolia eau utilise le logiciel Mosare, outil statistique de prédiction des défaillances qui sert à désigner les chantiers à mener en priorité.

Au cours de cette journée technique, l’absence de politique nationale ou territoriale de gestion patrimoniale des réseaux d’eau, et le manque de financements dédiés au renouvellement de réseaux, notamment de la part de l’Etat, ont été soulignés.


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