La gestion des risques automobiles

Le 11 mai 2005 par Christine Sévillano
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Les accidents ne relèvent pas seulement de la responsabilité des conducteurs quand il s'agit de trajets professionnels. Les entreprises réfléchissent de plus en plus à des outils et à des stratégies pour réduire ce risque.

Le salon européen des véhicules d'entreprises (Seve), qui se tient depuis hier au centre de conférences du Bourget, a tenu sa première conférence sur la compréhension et la gestion des risques automobiles. La responsabilité en cas d'accident ne revient pas uniquement au salarié conducteur, mais aussi aux employeurs qui confient des véhicules et des missions nécessitant des déplacements, et aux constructeurs automobiles. «Nous avons une responsabilité en matière de sécurité et nous devons décliner des réponses selon les pays, adaptées à la réalité routière et aux accidents locaux», explique Jean-Yves Le Coz, directeur de la politique de sécurité routière chez Renault.

Rappelant que la première cause de mortalité au travail est l'accident de voiture, Jean-Yves Le Coz estime que les entreprises peuvent mettre en oeuvre deux axes de prévention auprès de leurs salariés: des dispositifs de sécurité et des formations. «Il faut également faire des contrôles auprès des conducteurs. L'automobile est la seule machine sur laquelle l'employeur dispose de peu de moyens de contrôle sur le port de la ceinture, la vitesse ou le taux d'alcoolémie», poursuit le responsable. Il souligne l'exemple de la police de Berlin dont les véhicules ont été équipés de système de surveillance des conducteurs, et même si seulement 20% fonctionnaient réellement, l'effet placebo a joué: les accidents ont chuté de près de 100%.

Selon Pierre Clity, directeur développement et technologie de la Sifa, société de conseil en prévention, le conducteur n'est pas le seul à éduquer, il faut revoir l'ensemble de l'organisation: «L'employeur doit intégrer la sécurité routière dans son management. Ainsi il doit se pencher sur les personnes à qui il prête les véhicules et associer les risques du déplacement comme une partie intégrante de leurs missions». L'entreprise doit fonder sa politique sur une série d'indicateurs comme l'évolution de la sinistralité, le détail des arrêts de travail pour accident, sans oublier la saisonnalité de l'entreprise et les aléas économiques.

La formation est un autre point clé, mais elle doit être adaptée et s'inscrire dans la durée. «Il faut éviter les campagnes ponctuelles de sensibilisation des salariés à l'intérieur des entreprises, pour privilégier plusieurs séquences courtes et des temps forts dans l'année, c'est plus efficace. Sinon ils oublient», poursuit Pierre Clity qui propose de faire suivre des formations en priorité aux récidivistes. Renault prépare une campagne de sensibilisation interne en juin à l'intention des motards.

Myriam Briquez, responsable marketing automobile d'Europ Assistance souligne aussi que, s'il ne faut pas porter atteinte aux libertés des salariés, il faut les responsabiliser. Elle évoque aussi l'image de la société et les économies réalisées (assistance,  réparation…). Les entreprises les plus sensibilisées sont celles qui développent une culture du risque comme EDF. D'autres ont dû répondre à des remontrances de la part de leur assureur ou de leur compagnie d'assistance pour leurs résultats catastrophiques.




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