La gestion de l’eau, véritable enjeu politique en Australie

Le 02 octobre 2007 par Agnès Ginestet
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Le Premier ministre et d’autres personnalités politiques rivalisent d’options stratégiques pour faire face à la crise de l’eau que le pays traverse. Leurs décisions peuvent servir d’exemples au reste du monde dans le contexte de changement climatique actuel et futur.

Les élections générales approchent, et le Premier ministre John Howard, représentant la coalition conservatrice, vient d'annoncer un renforcement des aides accordées aux agriculteurs qui subissent les conséquences d'une sécheresse débutée il y a plusieurs années. Selon le quotidien The Australian, 430 millions de dollars australiens (265 millions d'euros) pourraient être ainsi versés, qui s'ajouteraient aux 2,4 milliards (1,5 milliard d'euros) déjà accordés jusqu'à présent. Cette décision arrive au moment où un rapport du gouvernement, publié le 20 septembre, montre que la situation dans le bassin Murray-Darling, d'où provient 70% de l'eau utilisée pour l'irrigation, est critique.

Le 21 septembre, The Australian notait dans l'un de ses articles que la gestion de l'eau est devenue un thème privilégié de la campagne électorale. Alors que John Howard déclarait qu'il ferait du problème de la sécheresse une de ses priorités avant les prochaines élections -qui devraient avoir lieu en fin d'année-, son actuel opposant, le travailliste Kevin Rudd, rencontrait des agriculteurs pour parler de la sécheresse et proposer la mise en place d'un plan d'aide pour se préparer aux effets du changement climatique, notamment en modifiant les pratiques agricoles. De son côté, Peter Costello, trésorier fédéral, qui estime que la gestion de l'eau est un des problèmes cruciaux pour l'avenir de la nation, a déclaré que les capitales du pays, en manque d'eau, devraient toutes se doter d'une usine de dessalement.

Cependant, le gouvernement fédéral doit faire face à un adversaire de taille dans la mise en place de stratégies de gestion de l'eau: l'Etat du Victoria, dirigé par les travaillistes. Alors que le rapport gouvernemental recommande aux différents gouvernements du pays de mettre en place des réserves collectives pour avoir suffisamment d'eau l'été prochain et lutter contre la salinité accrue et les explosions d'algues, le Victoria refuse de partager avec la ville d'Adélaïde les ressources allouées cette saison à ses propres agriculteurs. «Cela serait totalement inacceptable, assez scandaleux en fait», a ainsi déclaré le Premier ministre du Victoria John Brumby. John Howard a indiqué que la situation critique demande de la coopération, et non de l'égoïsme. Le Victoria avait déjà marqué son opposition au gouvernement fédéral en refusant de signer un plan de gestion fédéral du bassin Murray-Darling, afin de protéger ses irrigants (1).

L'eau n'a pas fini d'être au centre des discussions politiques en Australie. Le reste du monde, qui doit lui aussi faire face au changement climatique, a les yeux rivés sur ce pays où les options actuellement étudiées et les décisions futures pourraient faire figure de modèles expérimentaux. Le gouvernement fédéral envisage par exemple de lancer un plan d'action national pour évaluer la possibilité de mettre en place des barrages souterrains. Selon le ministre chargé de l'environnement Malcolm Turnbull, ceux-ci permettraient de stocker des eaux usées recyclées et de l'eau de pluie pour les utiliser par la suite dans les villes.



(1) Voir l'article du JDLE «Murray-Darling: le Victoria ne signera pas»






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