La gestion de l’eau: rouage oublié de la performance des entreprises

Le 23 octobre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La rupture d'approvisionnement en eau : un risque émergent.
La rupture d'approvisionnement en eau : un risque émergent.

Comme chaque année, le CDP a interrogé plusieurs centaines de grandes entreprises sur leur perception du "risque" Eau. Un sujet qui intéresse de plus en plus les investisseurs.

Ce sera l’un des grands sujets liés au réchauffement mais il ne figurera (probablement) pas dans l’accord qui pourrait être conclu à l’issue de la COP 21. Voilà des mois que les organisations professionnelles, les ONG et les entreprises spécialisées rappellent à qui veut l’entendre que l’une des principales conséquences des réchauffements climatiques sera le bouleversement (dans certaines régions du moins) du cycle de l’eau. Or cet or bleu conditionne, bien sûr, la vie urbaine et rurale, les rendements agricoles mais aussi le business. Et pas seulement celui d’un duopole français bien connu.

Vitale pour l'énergie

Un exemple: la production d’énergie! En Europe, 44% de l’eau douce extraite est dédiée à la production d’électricité, rappelait récemment Philippe Joubert, l’ancien patron d’Alstom Power. Toutes les filières n’ont pas les mêmes besoins. Une éolienne consomme quelques litres d’eau pour produire un mégawattheure, contre plusieurs tonnes pour une centrales thermique.

Moins d'eau, moins de bénéfices

Les électriciens sont-ils conscients de cette faiblesse? Tout dépend. La moitié des projets chinois de centrales au charbon se situent dans des régions à stress hydrique «très ou extrêmement important», rappelait une étude du WRI de 2014. Ces dernières semaines, l’électricien portugais EDP a indiqué que la sécheresse qui règne au Brésil devrait sensiblement réduire le productible de ses barrages et diminuer de 167 à 223 millions de dollars (151 à 202 M€) son bénéfice avant impôt. Pour les mêmes raisons, Engie (ex GDF Suez) devrait annoncer des pertes comparables.

Peu d'entreprises répondent

Les autres secteurs économiques sont-ils plus conscients de la dépendance à l’eau? ça n’est pas évident. Jeudi 22 octobre, le CDP a publié les résultats de son étude annuelle sur la prise en compte de l’eau dans la stratégie des grandes entreprises. L’édition 2015 diffère peu de la précédente. Peu de multinationales cotées (405 sur les 1.073 interrogées) ont répondu au questionnaire du consultant. Sans doute parce que l’étude est réalisée pour le compte de 617 investisseurs.

Le risque eau progresse

Les réponses ne sont pourtant pas sans intérêt. «Presque deux tiers des entreprises signalent une exposition aux risques liées à l’eau, avec un impact financier constaté de plus de 2,5 Md$ (2,3 Md€) en 2015», indique l’étude. Pas très surprenant: avec une Californie qui subit sa 4e année consécutive de sécheresse sévère, une majorité des ressources chinoises qui sont impropres à la consommation ou la situation de mégapoles, comme Sao Paolo, qui deviennent structurellement déficitaires en eau. Cette année, le Forum économique mondial a d’ailleurs placé la rupture de l’approvisionnement en eau dans la catégorie des 10 risques émergents.

Quelle stratégie?

Curieusement, ce ne sont pas forcément les entreprises les plus exposées qui sont les plus causantes, révèle le CDP. Un énergéticien sur 5 dévoile sa stratégie Eau, contre 62% des entreprises du secteur des technologies de l’information ou 45% des producteurs de médicaments.

Sans surprise, lesdits investisseurs demandent (comme ils commencent à l’exiger pour les émissions de gaz à effet de serre) que ces grandes entreprises, avides de capitaux mettent en œuvre stratégies et plans d’action visant à réduire le risque Eau.



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