La géothermie «toujours trop peu visible» en France

Le 27 avril 2011 par Geneviève De Lacour
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La géothermie, l'une des principales sources d'énergie renouvelable en Ile-de-France
La géothermie, l'une des principales sources d'énergie renouvelable en Ile-de-France

Mardi 26 avril se tenait à Paris la seconde édition des assises de la géothermie. L’occasion de faire un point sur l’avancée des projets en Ile-de-France, alors que le Grenelle de l’environnement a fixé pour objectif de multiplier par 4 l’usage de la géothermie d’ici 2020.

Chauffer 500.000 logements, soit 7% des logements franciliens, d’ici 2020 grâce à la géothermie, l’objectif de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et de la Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie (Driee) est «extrêmement ambitieux», selon les termes employés par Pierre-Franck Chevet de la Direction générale de l’énergie et du climat au ministère de l’industrie. Organisées par l’Ademe et la Driee, ces assises ont permis de faire le point sur l’avancée des projets. 70 ont été soutenus au niveau national au cours de l’année 2010, contre une vingtaine seulement en 2009. «Il faut développer toutes les formes de géothermie, que ce soit la géothermie profonde ou des opérations sur aquifères superficiels», précise le représentant du ministère.

Cette énergie renouvelable exploitée depuis la fin des années 1970 possède «une visibilité beaucoup trop faible», selon Philippe Vesseron, président du Comité national de la géothermie. Depuis 20 ans, son «encéphalogramme est plat». La géothermie a connu une longue période d’hibernation, les investissements s’étant arrêtés dans les années 1985. Pourtant, il s’agit bien d’«une opportunité au moment où le prix des énergies fossiles augmente», précise Gwenaël Guyonvarch, directeur de l’Ademe Ile-de-France. L’Agence, qui souhaite multiplier par 4 le nombre de logements chauffés par géothermie d’ici 2020, souhaite faire passer de 1 à 4% le nombre de logement concernés, «voire 7% si nous réussissons à améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments», complète le directeur régional de l’Ademe.

En France, «la géothermie représente 200.000 équivalent logements, et permet d’éviter l'émission de 250.000 tonnes équivalent CO2 par an», selon Romain Vernier, directeur du département de la géothermie au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). «93% sont des opérations profondes dans la nappe du Dogger, 2% dans l'Albien et le Néocomien, 5% sont des opérations de pompe à chaleur dans le collectif et le tertiaire.» Ces installations exploitent l'eau des nappes superficielles et sont concentrées dans les zones très urbaines de la région. L’exploitation des nappes de l’Albien et du Néocomien et des nappes superficielles, «dont les technologies sont bien maitrisées», connaissent actuellement un fort développement par rapport aux nappes du Dogger, les nappes «historiques» qui produisent une eau dont la température varie entre 59 et 85°C.

La nappe de l’Albien, qui est exploitée pour la Maison de la radio à Paris, intéresse de plus en plus les spécialistes de la géothermie. Elle produit une eau de très bonne qualité, mais trop chaude pour être potable. «Une eau potable ne peut dépasser les 25°C, et l’eau de l’Albien est à 28°C», précise Michel Adnot, de la Driee. Il faudrait donc pouvoir la refroidir et récupérer cette chaleur. Mais il faudra aussi «maîtriser le risque sanitaire au niveau des échangeurs», ajoute-t-il. Un permis exclusif de recherche devrait être accordé et le volet Santé de l’opération surveillé par l’Agence régionale de la santé.

A l’occasion de ces assises, l’éventualité de simplifier les procédures d’attribution des permis de recherche a été évoquée. Il s’agirait d’accorder des permis sur des périmètres plus restreints et pour des périodes plus courtes (un an au lieu de trois).

En 2011, 5 projets de géothermie profonde -c’est-à-dire atteignant les nappes phréatiques situées à plus de 200 mètres de profondeur, comme celles du Dogger, de l’Albien ou du Néocomien- ont reçu le soutien de l’Ademe et de la Driee. Il s’agit à la fois de nouveaux forages, comme pour l’opération San Val Maubuée, le Fort d’Issy ou le Plessis Robinson, ou de renouvellement de puits, comme pour la Courneuve ou Coulommiers.

 
Mais les représentants des collectivités présents dans la salle lors de ces assises ont évoqué les difficultés à relancer la géothermie dans le Dogger en France. Ils ont regretté une réduction de l’enveloppe attribuée par l’Ademe, notamment pour le renouvellement des doublets déjà existants. «Au moment même où les projets commencent à décoller, nous recevons une fin de non-recevoir de la part de l’Ademe», s’est plaint l’un d’entre eux. «Nos dossiers de financement n’ont pas été instruits pour ‘insuffisance budgétaire’ selon les termes mêmes d’un courrier de l’Ademe», a précisé le professionnel. Mais selon le directeur régional de l’Ademe, le budget fond Chaleur de 12,7 millions d’euros de 2010 n’a pas diminué en 2011.
 
Enfin, d’autres projets devraient voir le jour en 2012. Ils s’agit de travaux de réhabilitation des forages comme à Bonneuil, Créteil, Champigny-sur-Marne, Chelles ou le Mée-sur-Seine, et une nouvelle opération à Neuilly-sur-Marne.
 
L’Ademe et la Région ont aussi lancé une étude pour connaître les potentiels géothermiques des nappes franciliennes. Celle-ci viendra alimenter le volet Chaleur renouvelable du schéma régional Climat-air-énergie (Scrae). Les résultats sont attendus pour juillet 2011.
 


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