La future présidence marocaine est optimiste

Le 08 décembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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Hakima El Haite, une ministre surbookée
Hakima El Haite, une ministre surbookée

Future présidente de la COP 22, Hakima El Haite, ministre de l’environnement du Maroc, voit d’un bon œil l’issue de la conférence de Paris. Mais elle restera ferme sur les buts poursuivis par les pays du G77.

Surbookée. Hakima El Haite n’a plus une minute à elle. Entre la conduite des négociations, la relecture de discours impromptus, les interventions à l’occasion de la journée du genre et du climat, sans oublier la préparation de la COP 22 –qu’elle présidera l’an prochain- la ministre de l’environnement du Maroc peine à souffler.

Mais entre deux coups de fil, elle garde la tête froide. Confiante sur l’issue de la conférence de Paris, la ministre «espère un texte où tous les pays qui ont été frappés par les changements climatiques, les pays les plus démunis, les plus vulnérables, les Etats insulaires, l’Afrique, trouveront une réparation».

Compensation climatique

Cette compensation ne se traduira pas seulement par le respect des engagements pris, à Copenhague en 2009, par les pays occidentaux: les fameux 100 milliards de dollars (92 Md€) d’aides par an à partir de 2020. Certes, cette manne, dont les Occidentaux sont sur le point de boucler le financement, est ardemment souhaitée par les gouvernements des pays du G77. Mais pas à n’importe quelle condition.

Dans l’idéal, les montants dédiés à l’atténuation devront être au moins comparables à ceux de l’adaptation. Voire plus. «Plus on donnera de moyens aux pays vulnérables pour qu’ils réduisent leurs émissions, plus on leur permettra d’accélérer leur développement et moins ils auront besoin d’investir dans l’adaptation», souligne l’ancienne écotoxicologue. Dernière condition: «Cet argent doit être additionnel à l’aide au développement», tranche-t-elle.

L'argent n'est pas tout

De quoi contrecarrer les plans de certains Etats donateurs, lesquels mélangeraient bien crédits publics au développement et finance climatique privée. D’où le projet de rapprochement entre l’Agence française de développement (AFD) et la Caisse des dépôts; un mouvement dont la finalité est surtout d’améliorer les ratios prudentiels de l’AFD.

La cheffe de la délégation chérifienne insiste aussi sur le renforcement de capacités: «L’argent n’est pas le tout. Nous devons aussi être capables de monter des projets bancables». Ce qui suppose parfois une aide technique.

Satisfaite de la conduite des discussions par la présidence française, Hakima El Haite reste ferme sur certains objectifs: «Comment peut-on tergiverser sur la limite de 1,5°C alors que les petites îles sont en train d’être submergées?», s’interroge-t-elle. Habile façon de rappeler que le futur accord de Paris «doit être connecté à l’humain, faute de quoi il ne sera jamais appliqué».

 



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