La future politique Energie Climat de l’Allemagne est (presque) arrêtée

Le 08 février 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Bientôt, plus d'éoliennes sur les toitures allemandes ?
Bientôt, plus d'éoliennes sur les toitures allemandes ?
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Après des semaines de négociations, sociaux-démocrates et conservateurs sont parvenus à s’entendre pour former une nouvelle coalition de gouvernement. Présenté mercredi 7 février, leur accord fixe les grandes lignes d’une politique énergétique relativement ambitieuse. Encore faut-il que les militants des deux bords l’acceptent.

On y est presque. Cinq mois après les élections législatives, l’Allemagne est sur le point d’avoir un gouvernement qui ne fera pas qu’expédier les affaires courantes. Mercredi 7 février, les dirigeants conservateurs (CDU/CSU) et sociaux-démocrates (SPD) allemands présentaient leur volumineux contrat de coalition. Pesant quelque 179 pages, le document présente les priorités du prochain gouvernement de coalition et répartit quelques postes ministériels.

Pas plus tard

Sujet d’importance, la politique Energie Climat de la GroßKo est à l’évidence le fruit d’un compromis, tant les engagements sont imprécis. Le texte engage ainsi la future équipe à respecter les objectifs fixés à l’Allemagne par l’Europe aux horizons 2020, 2030 et 2050. L’Allemagne devra être neutre en carbone «pas plus tard que durant la seconde moitié du siècle». Petite nouveauté: le Parlement sera saisi, l’an prochain, d’un projet de loi qui fera en sorte que tous les objectifs sectoriels à 2030 soient atteints. Des programmes de recherche devront être intensifiés pour permettre à l’industrie allemande de conserver son leadership.

Une commission charbon

Une commission indépendante devra être créée pour ouvrir la voie à la sortie du charbon. Elle devra notamment proposer un calendrier et les mesures à prendre pour réduire l’impact de cette mesure sur les utilisateurs (les électriciens, notamment) et les producteurs de charbon et de lignite. Et pour ne pas être toute seule, la GroßKo milite pour l’établissement d’une tarification internationale du CO2 qui affecte au moins les industries lourdes des pays du G20. Ce n’est pas si utopique. En ratissant large, on peut estimer que 10[1] des 20 pays les plus riches établissent déjà un prix du carbone, ou vont le faire prochainement.

Plus d’argent devra être consacré au soutien des pays vulnérables aux conséquences des changements climatiques. En 2016, Berlin a consacré 8,5 milliards d’euros à cette fin.

Nucléaire. La grande coalition s’engage à trouver, d’ici 2031 tout de même, le site du futur centre de stockage géologique qui devra accueillir les déchets nucléaires les plus dangereux.

 

L’Allemagne devra «s’efforcer» d’accélérer le développement des énergies renouvelables électriques. Objectif: que l’éolien et le photovoltaïque, essentiellement, couvrent 65% de la consommation d’électrons dès 2030 (contre 36% aujourd’hui). Une performance rendue possible par d’importants investissements en matière de réseaux et d’efficacité énergétique, laquelle devra contribuer à réduire de moitié la consommation d’énergie d’ici 2050.

Le renouvelable devra aussi faire une entrée massive dans le secteur des transports, de la construction et de l’industrie. Trois points faibles de l’Energiewende, rappelait ce jeudi Dimitri Pescia, du laboratoire d’idées Agora Energiewende.

Les industriels ne seront pas les seuls mis à contribution. Les particuliers -qui paient déjà leur électricité 40% plus cher qu’en France- seront incités à s’équiper en système de stockage d’électricité, via les voitures électriques ou des batteries statiques.

Batteries et véhicules électriques

A propos de voiture, la future équipe d’Angela Merkel constituera une (autre) commission chargée d’imaginer la mobilité durable. Les ingrédients de base: véhicules électriques (voitures et camions), développement du transport ferroviaire (électrifié à 70% en 2025), moteurs thermiques plus efficaces. De plus amples efforts seront aussi déployés pour assainir la qualité de l’air urbain, sans pour autant réduire le trafic automobile. On est quand même au royaume de BMW, Daimler, Porsche et Volkswagen.

Surveiller les émissions

L’accord de coalition annonce toutefois, dans le courant de cette année, des décisions fortes visant à réduire les émissions d’oxydes d’azote du trafic routier. Quelques-unes sont d’ores et déjà sur la table: création d’un institut chargé d’évaluer les émissions des voitures et de sanctionner les constructeurs des modèles ne respectant pas les normes; durcissement des normes d’émission pour les flottes de transport public; allègement de la fiscalité pour les transporteurs s’équipant de véhicules électriques ou hybrides; mise en service de 100.000 bornes de recharge (dont un tiers à charge rapide) d’ici à 2020.

L'hydrogène aussi

La mer n’est pas oubliée. Les propriétaires des navires seront incités à verdir la motorisation de leurs cargos, en passant au GNL, voire à l’hydrogène.

Avant d’être mis en œuvre, le contrat de coalition devra encore être validé, ces prochaines semaines, par les militants du parti social-démocrate et des partis conservateurs. Trois partis dont de nombreux militants s’opposent à la formation de cette troisième coalition entre sociaux-démocrates et conservateurs depuis 2005.

 



[1] Allemagne, France, Italie, Union européenne, Allemagne, Canada, Etats-Unis, Mexique, Chine, Corée du Sud, Etats-Unis, Japon, Union européenne, Corée du sud, Mexique.

 



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