La France utilise un peu moins de pesticides

Le 07 octobre 2010 par Célia Fontaine
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Le plan Ecophyto 2018 lancé en 2008 vise à réduire de 50 % l’usage des pesticides en 10 ans. Réuni le 6 octobre, le deuxième Comité national d’orientation et de suivi a dressé un bilan de ce programme d’action.

Malgré la « pause dans les mesures environnementale » réclamée en début de semaine par Bruno Lemaire, le ministre de l’agriculture, le plan Ecophyto reste une priorité. Améliorer l’utilisation des produits phytosanitaires, en zone agricole comme en zone non agricole, est donc un objectif toujours d’actualité.

Composé de professionnels, d’associations, d’organismes de recherche et de représentants de l’administration, le comité indique qu’un réseau de fermes pilotes de démonstration a d’ores et déjà été mis en place sur près de 200 exploitations agricoles dans 14 régions, « pour un déploiement national à environ 1.000 fermes avant fin 2010 », et 2.000 en 2011.

Plus de 1.500 bulletins de santé du végétal ont été publiés sur l’ensemble des régions. Bulletins qui permettent aux agriculteurs de connaître la situation phytosanitaire et donc de cibler les traitements. En outre, « plus de 17.000 professionnels ont déjà suivi une formation sur le respect de la réglementation, des bonnes pratiques d’utilisation et la connaissance des techniques de lutte intégrée ». Il s’agit de l’expérimentation du « Certiphyto ».

Afin d’évaluer le recours aux phytosanitaires, un indicateur de référence niveau national a été retenu : le nombre de doses unités (Nodu). Il est calculé chaque année à partir des données de ventes transmises par les distributeurs, dans le cadre de la déclaration au titre de la redevance pour pollutions diffuses. « Le Nodu pondère la quantité vendue de chaque substance active par une dose qui lui est propre », précise le ministère de l’agriculture.

Ainsi, « il permet de mesurer une évolution du recours aux produits phytopharmaceutiques indépendamment d'éventuelles substitutions de substances actives par de nouvelles substances efficaces à plus faibles doses ». Pour l’instant, le calcul du Nodu concerne uniquement les produits épandus à usage agricole (hors traitement de semences et appâts). Le Nodu est complété par l’indicateur « Quantité de substances actives » (QSA) vendues en France.

Pour la période 2008-2009, le Nodu semble amorcer une légère baisse, indique le comité. De 67 millions en 2008, il passe à 65 millions en 2009 pour la France métropolitaine. Le désherbage reste le premier poste d’utilisation des « phyto », suivi des fongicides, puis des insecticides.

Pour France Nature environnement (FNE), les chiffres présentés sont incomplets. Le chiffre de 2008, point de départ du plan Ecophyto, « exclut les traitements de semences, qui sont loin d’être négligeables : 97 % des semences de blé commercialisées sont traitées aux pesticides », estime la fédération. Certains de ces pesticides sont systémiques, c'est-à-dire qu’ils pénètrent dans toute la plante et posent des problèmes d’environnement et de santé publique. « Faut-il rappeler que le Cruiser, utilisé en enrobage des semences de maïs, est reconnu dangereux pour les abeilles ? », poursuit-elle. Les pesticides utilisés en zones non agricoles (parcs, jardins, voirie, etc.) ne sont pas comptabilisés non plus.

C’est pourquoi, à la demande de FNE, le représentant du ministre s’est engagé ce jeudi 7 octobre à réévaluer les chiffres de l’utilisation des pesticides. En 2011, les chiffres de 2008, 2009 et 2010 seront publiés en intégrant l’ensemble des pesticides, y compris les traitements de semences et les traitements en zones non agricoles.

Il revient désormais à chaque région de mettre en œuvre la réduction des pesticides sur le terrain. En ce qui concerne les nouvelles priorités du plan Ecophyto, la sécurité et la protection des utilisateurs (du professionnel agricole au jardinier amateur) seront suivies de plus près.



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