La France trace sa route, comme si de rien n’était

Le 14 juin 2006 par Laure Pollez
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Le directeur général des routes, Patrice Parisé, a annoncé lundi 12 juin à l’ensemble des entrepreneurs de la route que les autorités pourraient reprendre avant 2007 leur politique de soutien à l’innovation dans ce secteur.

Cette annonce était très attendue par une profession qui s'appuie sur ces initiatives pour conforter sa place internationale (les deux leaders mondiaux sont des groupes français). En 1992, une Charte de l'innovation routière avait été signée avec le Syndicat professionnel des entrepreneurs de travaux routiers. Mais un coup d'arrêt avait dû être porté en 2001 après que le ministère chargé des finances s'était inquiété d'éventuelles distorsions de concurrence.

Aujourd'hui, les procédures d'expérimentation dans le cadre de chantiers publics routiers ont été redéfinies pour plus de transparence. Un Comité de l'innovation routière ainsi qu'un groupe d'experts seront constitués afin de sélectionner puis d'évaluer les projets.

Cette nouvelle architecture est issue de propositions avancées par Jean Bonny, directeur du Centre d'études techniques de l'équipement (CETE) Normandie Centre, dans un rapport rendu en 2004. A cette occasion, Jean Bonny a appelé à une diversification des thèmes d'innovation, notamment en matière d'environnement et de santé. Il entend par là, par exemple, des efforts de protection des travailleurs sur les chantiers et de réduction des nuisances environnementales lors des travaux.



Philippe Gresset, président de l'Union des syndicats de l'industrie routière de France (Usirf) confirme que les industriels du secteur sont de plus en plus soucieux à ces égards. Les deux principaux axes de réflexion sont les techniques de construction moins friandes en énergie (bitume basse température) et les chaussées adaptées à des véhicules moins dépensiers.

Mais, au-delà de ces considérations ponctuelles, la politique de la route semble rester plutôt hermétique à la notion de développement durable. Alors qu'un collectif d'ONG environnementales lançait les 10 et11 juin l'idée d'un «moratoire autoroutier», dénonçant une «politique inadaptée aux défis qu'imposent à nos sociétés les urgences environnementales et le renchérissement des ressources énergétiques», Patrice Parisé reste convaincu que ce genre de problématique, notamment l'effet de serre, «concerne d'autres domaines, la conception des véhicules par exemple». Il reconnaît toutefois que «le réseau autoroutier français arrive à maturité» (passé de moins de 200 kilomètres en 1960 à près de 11.000 km aujourd'hui).

Sur les 35 projets d'infrastructures de transport programmés pour 2025, arrêtés lors d'un Comité interministériel d'aménagement et de développement du territoire réuni à Matignon le 18 décembre 2003, 12 sont des projets routiers (dont 9 projets autoroutiers) aux côtés de 11 projets ferroviaires dont 5 pour le fret, 5 projets fluviaux et 2 projets aéroportuaires. En 2005, l'investissement dans le réseau routier a représenté un peu plus de 65% du total de l'investissement en infrastructures de transport, pour un montant de 9,7 milliards d'euros, en hausse de16%. 259 km d'autoroutes concédées ont été mises en service l'an passé, contre 76 en 2004.

Le transport représente aujourd'hui 31% des émissions françaises de gaz à effet de serre. En France, 90% des déplacements intérieurs de voyageurs et 75% de ceux des marchandises se font par la route.




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