La France sort un peu la tête du PIB

Le 28 octobre 2015 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Zoom sur l'empreinte carbone et l'artificialisation des sols
Zoom sur l'empreinte carbone et l'artificialisation des sols

Le gouvernement s’est officiellement doté, le 27 octobre, de 10 nouveaux indicateurs de richesse alternatifs au produit intérieur brut (PIB). Dont l’empreinte carbone et le taux d’artificialisation des sols.

 

Cette publication découle de la proposition de loi de la députée écologiste Eva Sas, adoptée le 2 avril dernier par le Parlement. Elle oblige en effet le gouvernement à remettre, chaque année en octobre, un rapport sur l’évolution de nouveaux indicateurs de richesse, à l’occasion de la discussion budgétaire.

Un doute subsistait quant à la sélection des indicateurs retenus par Matignon et Bercy. Il est désormais levé. Le gouvernement a suivi, à quelques exceptions près, les recommandations du Cese[1] et de France Stratégie, issues d’une consultation publique menée au printemps et présentées en juin dernier. En matière d’environnement, il en a seulement retenu deux -l’empreinte carbone et le taux d’artificialisation des sols- alors que le Cese en avait proposé trois –l’empreinte carbone, le taux d’abondance des oiseaux et l’état des ressources naturelles (résumé à un taux de recyclage peu représentatif).

 

Une empreinte carbone en baisse

L’empreinte carbone[2] de la France, comprenant les importations, s’élève à 10,5 tonnes par habitant en 2012. Soit une baisse de 10% par rapport à celle de 1990 (11,6 t/hab), grâce à la diminution des émissions issues de la production manufacturière (-40%) et énergétique (-27%). Cette baisse est due aux progrès techniques des installations industrielles fortement émettrices de gaz à effet de serre, aux travaux de rénovation thermique, ainsi qu’au développement des énergies renouvelables et du recyclage.

A noter que les émissions des transports ont au contraire progressé de 12% en 22 ans (ce sont les plus importantes depuis 1998) et celles du résidentiel-tertiaire de 11%.

Le rapport oublie toutefois de comparer l’empreinte française par rapport aux autres pays européens. Il se contente de mettre en balance l’Hexagone sur le plan des émissions territoriales par habitant (7,5 t/hab en 2012), ce qui a l’avantage de placer le pays au-dessus de la moyenne européenne (9 t/hab en 2012). 

 

Une artificialisation en hausse

L’indicateur d’artificialisation des sols est quant à lui dans le rouge. Evaluant les «sols bâtis, revêtus et stabilisés» (routes, voies ferrées, parkings, chemins) mais aussi «artificialisés» (mines, carrières, décharges, chantiers, terrains vagues et espaces verts artificiels), il affiche toujours une tendance à la hausse. Soit 1,4% de plus par an entre 1992 et 2010, puis 1% depuis.

Dans les deux tiers des cas, les sols artificialisés sont imperméabilisés. La France compte ainsi 50% de sols non bâtis (routes, parkings, aires de stockage) et 16% de sols bâtis (surtout des constructions basses de moins de trois étages). Auxquels il faut ajouter un tiers de sols non imperméabilisés, soit des jardins publics ou privatifs, des terrains de sport et des sols nus.

 

Trop de sols artificialisés

Sans surprise, l’urbanisation est particulièrement forte dans le quart Sud-est, et en particulier les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse. Dans l’Ouest, les agglomérations de Nantes, Rennes et Bordeaux s’étendent également rapidement.

Au regard de la définition d’Eurostat (qui exclut les mines, carrières, décharges, chantiers, terrains vagues et espaces verts artificiels), le taux d’artificialisation des sols s’élève à 5,8% dans l’Hexagone, alors que la moyenne européenne est de 4,6%.

«Le gouvernement a pris conscience de l’intérêt de ces indicateurs dans la définition des politiques publiques. Il est maintenant nécessaire de stabiliser cette liste pour qu’elle traverse les mandatures», a réagi la députée Eva Sas.



[1] Conseil économique, social et environnemental

[2] Pour la calculer, le gouvernement s’est appuyé sur les émissions de trois gaz à effet de serre (GES) -CO2, CH4 et N2O- représentant 97% des émissions prises en compte par le protocole de Kyoto (6 GES en tout). L’empreinte carbone découle de l’inventaire des émissions réalisé par le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa).

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus