La France se prépare au changement climatique

Le 15 juin 2010 par Célia Fontaine
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©BELGA_Patrick Reader

Les groupes de travail chargés de préparer le Plan national d’adaptation au changement climatique ont présenté leurs recommandations lors d’une conférence qui s’est tenue à Paris le 15 juin. La remise de ce rapport à la secrétaire d’Etat à l’écologie conclut la première étape de la concertation lancée le 8 décembre 2009.

Comment adapter l’économie de nos montagnes à un niveau d’enneigement réduit ? Comment prévenir et gérer au mieux les conflits d’usage de la ressource en eau ? Comment adapter les systèmes de vigilance, d’alerte et de santé à la nouvelle donne climatique ? Le plan national d’adaptation devra répondre aux nombreuses questions que soulève le changement climatique.

Placée sous la présidence de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Onerc), la concertation préalable à l’élaboration du Plan national d’adaptation est organisée sur la base des 5 collèges du Grenelle de l’environnement (élus/collectivités, Etat, employeurs, syndicats salariés, et associations) [dans le JDLE ].

 Le premier groupe de travail a planché sur des thèmes transversaux comme la biodiversité, les ressources en eau, les risques naturels, la santé. Le groupe 2 a examiné les thèmes sectoriels (agriculture/forêt, énergie, tourisme, urbanisme, transport…). Enfin le dernier groupe a concentré sa réflexion sur la gouvernance, la connaissance de l’information et le financement.

Mobilisation nationale

« Un plan national d'adaptation climatique pour les différents secteurs d'activité sera préparé d'ici à 2011 » prévoit l’article 42 de la loi dite Grenelle I (loi du 3 août 2009). La France sera le premier pays européen à se doter d’un tel outil.

Parmi les actions prioritaires en amont de la décision publique, les rapporteurs rappellent qu’il est important d’améliorer les connaissances sur le changement climatique pour pouvoir prendre des mesures appropriées. il convient ensuite de renforcer l’observation à travers la collecte de données, puis mettre en place des dispositifs et des méthodes d’évaluation afin de tirer tous les enseignements des épisodes passés (canicule, inondations, tempêtes, etc). Enfin, les citoyens doivent être associés à l’élaboration et à la mise en œuvre des décisions qui seront prises par l’Etat pour s’adapter au changement climatique.

Quelques points posent encore problème : « Il faudra rapidement organiser une réflexion collective pour définir la notion de risque acceptable », a souligné la secrétaire d’Etat à l’Ecologie. Notion déterminante en effet, quand il s’agit de choisir entre deux stratégies, l’une de protection et l’autre de repli sur le littoral par exemple. De même, il faudra mieux distinguer ce qui relève de la solidarité nationale de ce qui relève de la responsabilisation des individus et des professionnels (cas de la tempête Xynthia).

Adaptation transversale

En zone littorale, l’adaptation est à la croisée des risques côtiers, de l’urbanisme, du tourisme et de l’acceptation sociale. La hausse du niveau de la mer impliquera, pour le patrimoine présent sur les côtes basses, de choisir entre protection, déplacement ou gestion des perturbations temporaires. Les citoyens seront bien évidemment associés à ces choix. Il faudra prendre en compte l’acceptation du changement, son coût environnemental et les ressources financières disponibles.

Autre question cruciale, celle de la ressource en eau. Elle est au cœur d’enjeux agricoles, touristiques, énergétiques, ou liés à la biodiversité. La stratégie préconisée par les groupes de travail devra porter sur les économies d’eau et d’optimisation de son usage dans tous les secteurs et par tous les usagers, sur la prévention des conflits par une gouvernance adaptée et enfin sur la préservation des milieux aquatiques.

Quant à la biodiversité, le changement climatique aggravera les pressions qui pèsent déjà sur cette ressource capitale en termes d’alimentation, de production de biomasse ou de santé (pharmacie). Le rapport propose notamment d’expérimenter l’adaptation sur des territoires volontaires, en trois étapes. Il faudra d’abord réaliser un catalogue de mesures pour favoriser l’adaptation de la biodiversité des territoires, puis identifier des territoires prioritaires et des réseaux de partenaires (collectivités, particuliers, espaces protégés), enfin définir une démarche contractuelle.

Le plan national d’adaptation aux changements climatiques devra faire l’objet d’une consultation des parlementaires en septembre prochain. Le public sera ensuite consulté, par voie électronique, ainsi que les régions, de mi-septembre à mi-octobre 2010. Le calendrier est donc serré, pour un programme aussi chargé. Mais le président de l’Onerc, Paul Vergès, est satisfait de la première étape : « Les trois groupes de travail ont mobilisé 160 personnes qui se sont réunies régulièrement, le premier objectif de mobilisation est donc atteint ».



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