La France se positionne sur le stockage de CO2

Le 12 septembre 2005 par Claire Avignon
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Le 15 et 16 septembre prochains, l'Ademe, le BRGM et l'IFP organisent un colloque international sur la capture et le stockage du CO2. L'occasion pour ces organismes de positionner la France comme un acteur incontournable de ce marché très prometteur.

Ayant opté pour la production d'électricité provenant de l'énergie nucléaire, la France apparaît au premier abord peu concernée par les technologies liées à la capture et au stockage du CO2. Car ce sont avant tout les pays qui ont privilégié le charbon qui veulent trouver une solution aux émissions de gaz à effet de serre de leurs centrales électriques. Pourtant l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et l'Institut français du pétrole (IFP) ont tenu à organiser un colloque sur le thème. Car, comme le rappellent leurs présidents lors d'une conférence de presse, les enjeux financiers, économiques et industriels du stockage de CO2 apparaissent immenses. Bref, le marché qui se dessine est trop alléchant pour que la France passe à côté.

«C'est l'une des 5 priorités stratégiques affichées par l'IFP, rappelle son président Olivier Appert. La capture, l'injection et le stockage de CO2 sont dérivés des procédés du secteur pétrolier.» De son côté, le président du BRGM met aussi en avant son expertise en matière de géologie et rappelle que son établissement travaille sur le sujet depuis 1993. Les industriels français souhaitent aussi s'imposer sur ce marché, à l'instar d'Air liquide, Arcelor et Lafarge.

Pour cela, des verrous technologiques doivent encore être levés. D'abord, l'extraction du CO2 des fumées de combustion entraîne une surconsommation énergétique, estimée à 10 à 15%, contradictoire avec l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre. En outre, le procédé, d'un coût actuel de 50 à 70 euros par tonne de CO2 évité, doit devenir économiquement plus intéressant que l'achat de carbone dans le marché de quotas. Il s'agit d'ailleurs du principal objectif du projet européen Castor, piloté par l'IFP.

Un problème majeur est aussi d'augmenter la sécurité, au moment du transport (le CO2 serait en phase super critique ou gazeuse), de l'injection, mais aussi du stockage. Selon les scientifiques, la durée du stockage devrait au moins être de 500 ans pour espérer stabiliser la teneur en gaz carbonique de l'atmosphère. Qu'on injecte le CO2 dans les gisements de pétrole et de gaz naturel, dans ceux de charbon inexploités, ou dans les aquifères profonds, il faudra s'assurer qu'aucune fuite ne puisse avoir lieu. Et que cela n'entraînera aucun risque pour l'écosystème et pour les humains. Ainsi, Olivier Appert a rappelé la catastrophe qui a eu lieu au lac de Nyos, au Cameroun, en 1986. Plus de 1.700 personnes sont mortes suite au dégazage brutal de millions de mètres cubes de CO2, produits par l'activité volcanique.

Autre sujet abordé lors de la conférence de presse: les difficultés réglementaires. Un sujet qui préoccupe Michèle Pappalardo, la présidente de l'Ademe: «A qui appartiendra le carbone stocké? Comment fera-t-on pour que le CO2 injecté soit déductible des émissions des industriels? Sera-t-il intégré dans le calcul des puits nationaux?», demande la présidente. Le conseil général des Mines se penche depuis juin sur le sujet.




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