La France relance le véhicule électrique

Le 13 avril 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pour la troisième fois depuis 1992, la France tente de faire démarrer la voiture électrique. Mardi 13 avril, dans un bel élan commun, Jean-Louis Borloo et Christian Estrosi ont annoncé la mise en place d’une véritable filière française du véhicule à électrons.

Le plan présenté par les ministres de l’écologie et de l’industrie prend la forme d’une charte signée le jour même par 12 collectivités, PSA, Renault, le président de La Poste, des dirigeants de la SNCF, de Vinci, d’ERDF, de l’Association des sociétés françaises d’autoroutes (ASFA), ainsi que par plusieurs administrations. Tous unis donc pour faire prospérer les lointaines héritières de la «Jamais contente».


Concrètement, le groupe d’industriels présidé par La Poste (constitué d’ADP, Air France, Areva, Bouygues, EDF, ERDF, Eiffage, France Télécom, GDF Suez, Suez Environnement, GRT Gaz, GRDF, la RATP, la Saur, la SNCF, SPIE, UGAP, Vinci et Veolia) va lancer un appel d’offres pour acquérir, d’ici la fin de 2011, 50.000 véhicules électriques, de 150 kilomètres d’autonomie.


Sécurisés par cette grosse commande, les constructeurs vont pouvoir engager une production de masse. D’autant que l’Etat met de l’huile dans d’autres rouages. En partenariat avec Berlin, Paris a obtenu que la Commission européenne mandate le Comité européen de normalisation (CEN) et le Comité européen de normalisation électrotechnique (Cenelec) pour normaliser rapidement les prises de recharge dans l’Union. S’il est adopté tel quel, le projet de texte Grenelle II prévoit d’obliger promoteurs et gestionnaires d’immeubles à mettre des prises à disposition des automobilistes. L’exploitant de parking Vinci et les sociétés autoroutières membres de l’Asfa s’engagent à faire de même dans leurs installations; tout comme les 12 collectivités signataires (Aix-en-Provence, Angoulême, Bordeaux, Grenoble, Le Havre, Nancy, Nice, Orléans, Paris, Rennes, Rouen, Strasbourg ).

Ainsi dotée, la fiancée électrique devrait aussi séduire les ménages. D’autant que le super bonus de 5.000 euros est maintenu jusqu’en 2012, a précisé Jean-Louis Borloo. Les prévisions gouvernementales sont en tout cas optimistes. A l’horizon 2025, plus d’une voiture sur quatre, en Europe, devrait carburer à l’électricité. En France, en 2030, le développement des véhicules décarbonés devrait générer une activité de 15 milliards € par an. Et contribuer ainsi à réduire, chaque année, de 17,5 millions de tonnes de CO2 les émissions hexagonales. Soit 1.166 € la tonne de gaz carbonique évitée.


Ambitieux et cohérent, ce nouveau plan de relance du véhicule électrique n’est jamais que le troisième depuis 1992. Cette année-là, l’Etat et EDF s’engagent à ce que 100.000 voitures électriques sillonnent les routes de France au changement de millénaire. Un objectif qui restera 20 fois supérieur à la réalité. En 1996, Corinne Lepage, alors ministre de l’environnement, fait voter une loi sur l’air obligeant les institutions et les entreprises publiques à renouveler une partie de leur flotte captive en véhicules «décarbonés». Sans succès. En son temps, aussi, la ville de La Rochelle installa les premières bornes de recharge de véhicules électriques. Dans l’indifférence générale. A Paris, de nombreuses places de parkings sont équipées de prise de recharge mais occupées par des voitures thermiques. Bref, il faudra sûrement plus d’une loi pour laisser la voie libre au véhicule électrique.



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