La France réforme son nucléaire

Le 22 février 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Comme prévu, le président de la République a réuni, lundi 21 février, le Conseil de politique nucléaire (CPN). Très attendue, cette réunion était l’occasion de donner une suite concrète au rapport Roussely [ JDLE] sur l’organisation de la filière nucléaire nationale.

 

Sans surprise, le gouvernement ordonne à EDF et Areva de renforcer leur collaboration, notamment pour optimiser l’EPR (en tenant compte du retour d’expérience du chantier de construction de la tête de série en Finlande), préparer l’allongement de la durée de vie des tranches de 900 mégawatts et développer de nouveaux combustibles.

 

Comme pouvait le craindre Areva, le CPN demande au groupe présidé par Anne Lauvergeon de préparer la filialisation de ses activités minières. Une demi-victoire pour EDF qui entend entrer dans ce secteur d’activité pour sécuriser l’approvisionnement en combustible de ses 72 tranches (dont 14 au Royaume-Uni). Parallèlement, EDF et Areva devront conclure un «accord d'approvisionnement de long terme en uranium».

 

Plus étonnant, l’Elysée enjoint à EDF d’entrer dans le programme Atmea, un réacteur de moyenne puissance (1.000 MW) développé par Areva et Mitsubishi. A la demande de GDF Suez, l’autorité de sûreté nucléaire (ASN, le gendarme français du nucléaire) évalue la sûreté de ce petit frère de l’EPR, qui ne devait être proposé qu’à l’exportation. Or, en obligeant EDF à intégrer ce programme, le gouvernement n’exclut plus désormais de construire un Atmea en France. «Le projet sera mis à l’étude», indique la présidence de la République.

 

Le CEA est chargé de négocier un accord avec la Chine, déjà grand acheteur de technologies nucléaires tricolores. Dans l’idéal, ce contrat portera sur «la fourniture de produits et services relatifs au parc nucléaire existant ou en projet, et la construction de nouveaux EPR, le développement en commun d'un réacteur de moyenne puissance (1.000MW), appartenant à la troisième génération». En clair, la France va aider la Chine à exporter des descendants des centrales chinoises de Daya Bay et de Ling Ao, construites par… EDF et Areva.

 

Enfin, et à la grande satisfaction du PDG d’EDF Henri Proglio, EDF est érigée au rang de «chef de file de l'industrie nucléaire française» chaque fois que «la France est sollicitée pour ses compétences d'architecte ensemblier».

 

Une situation qui pourrait se produire en Arabie saoudite. Car, ce mardi 22 février, la France et l'Arabie saoudite ont signé, à Ryad, un accord dans le domaine du nucléaire civil.

 

Selon un communiqué de l'organisme saoudien du nucléaire civil, le King Abdallah City for Atomic and Renewable Energy (KA-CARE), «cet accord va permettre aux deux parties de développer leur coopération dans les domaines de la production et de l'utilisation à des fins pacifiques de l'énergie nucléaire et un transfert de technologie».



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