La France rattrape son retard sur le marché du photovoltaïque

Le 19 février 2007 par Bérangère Lepetit
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Selon l'Ademe, le marché du photovoltaïque intégré a enregistré une augmentation de plus de 115% en 2006. Une progression qui est liée aux tarifs de rachat avantageux de l'énergie produite par EDF.


«En France, le solaire reste une industrie encore relativement marginale, mais le marché émerge», résume Jean-Louis Bal, directeur des énergies renouvelables à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Tout est dit. Jeudi 15 février, le ton était résolument optimiste lors de la présentation par l'Ademe du bilan de la filière photovoltaïque française dans le cadre du Salon des énergies renouvelables de Lyon.

L'évolution est en effet notable. Annoncés en mai dernier par Dominique de Villepin, les nouveaux tarifs de rachat de l'électricité produite à partir d'installations photovoltaïques ont été publiés par l'arrêté du 10 juillet et ont boosté la croissance de la filière qui a été, selon l'Ademe, de 115% en 2006. Désormais, chaque kilowattheure (kWh) produit rapporte 30 centimes d'euro au propriétaire de l'installation si celle-ci est située en France métropolitaine et 40 centimes en Corse et dans les DOM-TOM où le potentiel est supérieur. A cela s'ajoute une prime d'intégration au bâti de 25 centimes /kWh en France métropolitaine et 15 centimes /kWh en Corse et dans les DOM-TOM où la rentabilité est censée être plus rapide. Grâce à ces nouveaux tarifs, l'investissement dans le photovoltaïque devient plus intéressant.

Et les résultats sont là. Selon l'Ademe, le marché du photovoltaïque raccordé au réseau se développe de façon significative dans 10 des 26 régions françaises (installations collectives). Ainsi, la région Pays de Loire, où le conseil régional et l'Ademe mènent une politique active de promotion du chauffe-eau solaire individuel (CESI), est devenue leader avec 1.440 kW installés, soit une augmentation de 10%. En seconde position, on trouve la région Languedoc-Roussillon (1.180 kW avec une augmentation de 8%). La région Centre émerge également comme marché d'importance.

Quant aux installations individuelles, elles représentent désormais plus de 60% du marché français (hors DOM-TOM où les installations collectives priment) avec 3,4 mégawatts (MW). L'Ademe, qui souhaite privilégier l'intégration au bâti des panneaux solaires, rappelle au passage les avantages de cette installation qui rapporte une prime et se fond parfois totalement dans l'architecture d'un bâtiment.

Notons toutefois que la France part de loin. Fin 2004, ses installations photovoltaïques, en site rural isolé ou raccordées au réseau électrique, étaient 40 fois inférieur au Japon, 30 fois inférieur à l'Allemagne, 15 fois aux Etats-Unis. Aujourd'hui encore, malgré la croissance de l'industrie, les chiffres restent modestes: sur les 1.500 MW mondiaux, seuls 14 sont installés en France. Surtout, certains détails ralentissent l'essor du marché. Les démarches administratives, par exemple, qui sont encore lourdes à effectuer. «Une clarification du statut administratif, juridique et fiscal du petit producteur (non professionnel) d'électricité ainsi que la mise en place d'un processus efficace d'obtention des avis techniques sont des priorités», reconnaît-on à l'Ademe. Et si «de gros efforts ont été faits pour raccourcir les délais de raccordement à EDF», ces derniers sont encore beaucoup trop longs.




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