La France passera l’été, si…

Le 10 juin 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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RTE vient de publier sa très attendue «Analyse prévisionnelle été 2011». Dans ce petit document d’une dizaine de pages, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (GRT) évalue les conséquences d’une canicule pour le système électrique hexagonal.
 
Un sujet d’importance. Car la saison estivale, durant laquelle la consommation d’électrons est moindre que pendant l’hiver, est mise à profit par les exploitants pour réaliser les opérations de maintenance des centrales. De plus, la faible pluviométrie de ces dernières semaines limite considérablement les capacités de production des barrages hydroélectriques.
Mécaniquement, GRT a donc moins de capacité de production disponible entre les mois de juillet et de septembre.
 
Problème: quand le mercure du thermomètre se noie dans les hauteurs, les consommateurs utilisent plus fréquemment ventilateurs et système de climatisation. La demande d’électricité remonte donc en conséquence.
 
«à la pointe de consommation journalière vers 13h00, 1°C supplémentaire de température induit une augmentation de la consommation d’environ 500 mégawatts», confirme l’étude du GRT français.
 
Or, comme l’a récemment rappelé Météo France, le printemps a été «exceptionnellement chaud, sec et ensoleillé» et «le trimestre juin-juillet-août sera globalement plus chaud que les normales saisonnières».
 
L’énoncé de l’équation à résoudre est donc simple: sachant qu’il y aura moins de capacité de production d’électricité disponible, mais que la demande sera supérieure aux moyennes observées ces dernières années, le système électrique français pourra-t-il adapter l’offre à la demande?
 
RTE a étudié trois scénarios différents: un été normal, une petite canicule (avec des températures grimpant tout de même à 7°C au dessus de la normale) et une longue période de sécheresse couplée à la canicule.
 
Dans les deux premiers cas, la France ne devrait pas connaître de problème. Elle pourrait même exporter jusqu’à plusieurs milliers de MW par jour.
 
Les choses se compliquent si les dieux de la météo nous sont contraires. En clair, si la situation de sécheresse venait à se combiner à une longue période de forte chaleur, la capacité de production hexagonale s’en ressentirait fortement. Et les électriciens français devraient alors importer jusqu’à 6.000 MW par jour pour éviter le black out.
Reste à savoir si les capacités de production seront alors disponibles chez nos voisins. Sept réacteurs nucléaires sont déjà hors service. L’été n’est pas forcément la période la plus ventée sur le littoral de la mer du Nord, où sont installées nombre de fermes éoliennes allemandes.
 
La Grande-Bretagne souffre, elle aussi, de la sécheresse. Ce qui ne devrait pas lui permettre d’exporter beaucoup d’électrons.
 

Quant aux capacités d’exportations espagnoles, suisses et italiennes, celles-ci sont limitées par la capacité de transport des lignes à haute tension avec la France (les interconnexions). 



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