La France ne tiendra pas sa PPE

Le 30 mai 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le barrage EDF du Livet devrait prochainement être mis en service.
Le barrage EDF du Livet devrait prochainement être mis en service.
VLDT

La transition énergétique de la France n’est pas pour demain. C’est du moins l’une des principales conclusions du Bilan énergétique mondial, présenté ce mardi 30 mai par Enerdata.

Comme chaque année à pareille époque, le consultant spécialisé en analyse des politiques énergétiques a présenté les grands chiffres de l’énergie mondiale. Originalité de la mouture 2017: un premier bilan de l’application de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV), l’un des textes phares de la précédente présidence.

Au plan mondial, l’heure est à la stagnation. Confrontée à une faible croissance économique (+2,6% en 2016[1]), la planète a très légèrement accru (+0,9%) sa consommation d’énergie, mais stabilisé ses émissions de CO2 entre 2015 et 2016.

Fondamentaux bien carbonés

La situation peut-elle s’améliorer? Difficile à dire. Mais les fondamentaux ne prêtent guère à l’optimisme. Dans les pays du G20[2], le charbon reste la source d’énergie la plus utilisée, juste devant le pétrole. Certes, la demande de charbon est en baisse, pour la troisième année consécutive: la conséquence de la baisse de la consommation aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Chine et en Allemagne. Ce recul est toutefois pratiquement compensé par le programme indien d’équipements en centrales au charbon: +16 GW installés l’an passé.

Equation insoluble

A ce rythme, «il faudrait, avec une croissance économique de 3% par an, que le monde réduise de 5 à 6%/an son intensité carbone pour avoir une bonne chance d’atteindre les objectifs du 2°C», résume Pascal Charriau, PDG d’Enerdata. Du jamais vu!

Et la France? Elle n’est certes pas la pire des élèves de la classe internationale. Pour autant, elle aura du mal à atteindre les buts fixés par la LTECV. Et notamment les objectifs de sa programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Enerdata a comparé certaines tendances observées entre 2005 et 2016 avec les principaux objectifs de la loi Royal. Et à quelques exceptions près, on est loin du compte.

 

Secteurs

Etat 2005

Etat 2016

Objectif LTECV 2030

Evolution 2005-2016 (%)

Evolution (%) pour atteindre objectif légal

Emission GES/an

410 Mt

339 Mt

- 40%

-1,64

- 1,9

Consommation énergie primaire (Mtep/an)

271

243

-20%

-1,02

-1,16

% ENR dans consommation énergie totale

6,1%

9,6%

32%

0,31

1,6

ENR dans production électricité

10,8%

18,4%

40%

0,69

1,54

Nucléaire dans production électricité

78,4%

72,9%

50%

-0,5

-1,64

Part ENR dans le gaz

 

 

10%

0,00

+ 0,71

Part ENR dans les carburants

1,4%

7,1%

15%

+0,52

+0,56

Part ENR dans la chaleur

12,2%

20%

38%

+0,71

+1,29

Consommation énergie fossile (Mtep/an)

142

118

-30%

-1,77%

+1,84%

Réhabilitation thermique de logements

0

150.000/an

500.000/an

 

 

Bornes de recharge véhicules électriques

0

78.000

7.000.000

 

 

Source : Enerdata

 

Si les objectifs (2030) en matière de consommation d’énergie fossile, de part de renouvelables, de demande d’énergie primaire et de réduction d’émission de gaz à effet de serre peuvent être tenus, d’autres sont d’ores et déjà irréalistes: énergies renouvelables et fermeture des centrales nucléaires. Il faudra aussi faire des prouesses pour installer plus de 6.900.000 bornes de recharge de voitures électriques en 13 ans.

Quid des énergies marines

Côté renouvelables, seuls les objectifs assignés à l’éolien terrestre, à la valorisation du biogaz de décharge et à l’hydroélectricité devraient être atteints. Il est vrai que, dans le dernier cas, il s’agit de diminuer légèrement les capacités de production. En revanche, il faudrait doubler le rythme de mise en service de chaudières industrielles à bois et tripler l’installation de méthaniseurs et de panneaux photovoltaïques pour satisfaire aux critères de la PPE. Aucune chance, en revanche, de développer suffisamment d’énergies marines et de centrales géothermiques électriques pour être dans les clous. Quant à l’éolien marin, de gros doutes subsistent…

 



[1] Le taux de croissance mondial a été, en moyenne, de 3,6% par an entre 2004 et 2014.

[2] Les 20 pays les plus industrialisés, dont la France, consomment environ 80% de l’énergie mondiale.

 



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