La France met un peu moins de sel

Le 15 novembre 2012 par Romain Loury
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Depuis 2002, les Français ont réduit de 20% leur consommation de sel.
Depuis 2002, les Français ont réduit de 20% leur consommation de sel.

La consommation de sel a diminué entre 4% et 10% en France depuis 2003, sans encore atteindre les objectifs fixés par le programme national Nutrition-santé (PNNS), selon un avis publié le 9 novembre par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses). Hypertension, maladies cardiovasculaires, cancer de l’estomac… la salière n’a pas la cote auprès des autorités sanitaires. Objectif fixé par la troisième version du PNNS (2011-2015), atteindre une consommation moyenne de 8 grammes de sel par jour chez les hommes, de 6,5 g par jour chez les femmes et les enfants.

Soit une baisse d’environ 20% par rapport aux apports estimés en 2002. Selon l’analyse menée par l’Anses et l’Institut national de la consommation (INC) sur les 8 groupes de produits les plus contributeurs, la diminution depuis 2003 ne serait comprise qu’entre 4% et 10%, chez l’adulte comme chez l’enfant [1]. La consommation de sel serait donc encore de 8,7 g par jour chez les hommes, de 6,7 g chez les femmes. Des chiffres qui n’incluent pas l’ajout de sel de table ou de cuisson.

Dans ce cas, ce sont 10 g de sel que les hommes ingéreraient chaque jour, contre 8 g pour les femmes. La France est bien loin du but fixé par le PNNS, encore plus des 5 g quotidiens que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) conseille de ne pas dépasser. Parmi les 8 groupes d’aliments étudiés, ce sont ceux regroupant «pain et panification», «céréales de petit-déjeuner», «fromages», «pizzas et quiches» et «plats composés» dont la teneur en sel a le plus diminué. Celle des «soupes et potages» s’est stabilisée en 2008, tandis que les groupes «charcuterie» et «viennoiseries» n’ont pas évolué depuis 2003.

Selon l’Anses, c’est donc là un demi-succès pour les chartes d’engagement volontaire signées par certains industriels de l’agro-alimentaire. Mais «la dynamique actuelle de réduction des teneurs en sel par ces démarches volontaires [apparaît] à elle seule insuffisante pour atteindre les objectifs de santé publique fixés», juge-t-elle dans un communiqué.

De quoi prévoir «des actions complémentaires, le cas échéant réglementaires», que l’agence recommande de tester par une étude d’impact. Suite à la publication de ces résultats, le ministre chargé de l’agroalimentaire, Guillaume Garot, a annoncé à l’Agence France Presse (AFP) une réunion mi-décembre avec les industriels pour «reconnaître les avancées réalisées et avancer sur les actions à venir».

Ceux-ci se montrent un peu nerveux ces derniers temps, en raison de la mise en place de diverses taxes: dernière annonce en date, un triplement de celle sur l’huile de palme (voir le JDLE). [1] L’étude a porté sur 48 aliments représentatifs. Le chiffre de 4% correspond au cas où seuls ces produits auraient enregistré une baisse de la teneur en sel, celui de 10% à une baisse généralisée à tous les aliments, transformés ou non.



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