La France invente la compensation de perte de biodiversité

Le 11 octobre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Financer la restauration d'une zone naturelle pour compenser les dégâts causés par ses activités sur l'environnement: pour la première fois, deux aménageurs, un privé et un public, viennent de souscrire à un projet novateur de compensation à Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône).

Le projet, initié en 2008, vise à réhabiliter un écosystème écologique et pastoral sur les 357 hectares du Domaine de Cossure, à Saint-Martin-de-Crau, pour y préserver des espèces végétales et animales telles que l'outarde canepetière (Tetrax tetrax), le lézard ocellé (Timon lepidus) ou l'œdicnème criard (Burhinus œdicnèmes), a indiqué le 10 octobre le ministère de l'écologie.

Le mécanisme consiste à faire financer cette réhabilitation en proposant à des acteurs économiques (établissements publics, entreprises, collectivités) d'acquérir des unités de biodiversité pour compenser les dommages à l’environnement créés par leurs projets d’infrastructures.

Cette première réserve d'actifs naturels, unique en France, a été lancée avec l'ambition de donner corps à la compensation, inscrite dans la loi française depuis 1976 mais restée lettre morte.

«Les acteurs concernés doivent d'abord chercher à limiter leurs impacts et ensuite il leur est demandé de mettre en œuvre une compensation, rappelle Philippe Thiévent, directeur de CDC Biodiversité, filiale de la Caisse des dépôts qui pilote ce projet. Avec ce mécanisme, ils peuvent nous acheter des unités de biodiversité et cela leur fournit une compensation clé en main», ajoute-t-il. Le coût des ces unités est de 38.000 euros l'hectare de compensation, un prix permettant de financer l'acquisition et la gestion de la zone pendant 30 ans.
 
Cet écosystème, restauré, sera géré, par pâturage ovin, pendant 30 ans et maintenu au-delà des 30 ans dans sa vocation naturelle et pastorale. Les partenaires du projet sont le conservatoire Etudes et écosystèmes de Provence (CEEP), la chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône et l’Institut méditerranéen d’écologie et de paléoécologie de l’université d’Avignon.

Les deux premiers aménageurs à avoir souscrit des unités de biodiversité sont l'établissement public d'aménagement et développement (Epad) Ouest-Provence pour une cinquantaine d'hectares afin de compenser l'impact écologique d'une plate-forme logistique, et l'aménageur privé SCI Boussard Nord pour une trentaine d'hectares pour compenser une plate-forme d'activités à Saint-Martin-de-Crau.
 


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