La France défend les baleines

Le 21 juin 2010 par Célia Fontaine
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La Commission baleinière internationale (CBI) se réunit pour sa 62e session plénière du 21 au 25 juin à Agadir. Elle soumettra aux discussions sa proposition de compromis en vue d’assurer la conservation des baleines. La France défendra le maintien du moratoire interdisant la chasse commerciale.

Les confrontations entre opposants et partisans de la chasse ne cessent de prendre de l’ampleur : le moratoire interdisant la chasse commerciale institué en 1982 n’a pas empêché la pratique d’autres types de chasse.

Le compromis proposé, qui vise notamment à ramener toutes les opérations concernant la chasse à la baleine sous le contrôle de la CBI et à renforcer le pouvoir de cette dernière, soulève déjà d’importantes critiques.

Pour l’association Robins des bois, observateur à la CBI depuis 1986, ce compromis risque d’entériner pendant 10 ans les chasses japonaises, norvégiennes et islandaises, de l’Arctique à l’Antarctique : « Il n’y a rien de bon à attendre de ce processus de négociation et de ses perspectives divergentes : il n’interdit pas la chasse dans les sanctuaires, il entérine les activités de chasse existantes, il n’interdit pas le commerce international des produits baleiniers » regrette le communiqué de l'association du 21 juin.

Le ministre de l’environnement, Jean-Louis Borloo, ne cache pas son inquiétude : « En l’état, la proposition de la CBI ne permet pas de restreindre le commerce international des produits dérivés de la baleine, de stopper la chasse dans les sanctuaires ou d’éliminer la chasse scientifique. Elle ne permet pas non plus de mettre fin au régime d’objections ou d’exceptions qui permet à des pays de ne pas appliquer certaines parties de l’accord ». Faut-il rappeler, en effet, que les sous-produits des baleines et des cachalots peuvent intéresser, outre les professionnels de la viande, les secteurs de la parfumerie, de la cosmétique, des compléments et additifs alimentaires, des engrais… La Société pour la conservation des baleines et des dauphins (WDCS) a publié le 17 juin une étude intitulée « Reinventing the Whale ». Selon celle-ci, « des milliers de brevets d'utilisation ont été déposés et approuvés à travers le monde, y compris auprès des Etats-Unis et dans l'Union européenne, pour faire entrer les produits dérivés des cétacés dans des articles aussi différents que des balles de golf, des teintures pour cheveux, des lessives écologiques, des bonbons, des boissons diététiques et même des biodiesels ».

La France défendra le maintien du moratoire interdisant la chasse commerciale, la suppression de la chasse scientifique au terme des 10 ans, notamment dans l’océan Austral (sanctuaire) et l’interdiction du commerce international des produits issus de la chasse. Elle préconise également la mise en place de mécanismes de suivi et de contrôle appropriés, et le refus de recourir au régime d’objections ou de réserves. Le ministre d’État précise que « la proposition de compromis à la CBI ne sera acceptable que si elle permet de protéger effectivement les baleines, de limiter la chasse à des fins de subsistance pour les populations indigènes et enfin, de proposer un calendrier pour mettre un terme définitif à toute chasse à la baleine ».



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