La France concentre ses recherches sur le solaire

Le 15 mars 2007 par Bérangère Lepetit
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Situé sur le parc technologique de Savoie Technolac, entre Chambéry et Aix-les-Bains, l'Institut national de l'énergie solaire (Ines) est un centre de recherche moteur pour la région. Objectif? Optimiser la production et le rendement de l'énergie solaire thermique et photovoltaïque.

Coïncidence de dates? C'est en juillet 2006 que l'Ines a été inauguré au Bourget-du-Lac, en Savoie, à quelques kilomètres du fabriquant de chauffage et de chauffe-eau solaire thermique Clipsol et de la grande usine française de panneaux solaires Photowatt. A la même époque, à quelques jours près, le tarif français de rachat de l'électricité photovoltaïque par EDF était revalorisé (1). Signal fort pour la France, qui entend depuis lors relancer son industrie solaire, sérieusement à la traîne derrière ses voisins européens comme l'Allemagne ou l'Espagne. "Une croissance robuste et durable du marché français": voilà ce que prévoit pour le solaire l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), qui rappelle au passage que celui-ci sera "fortement créateur de valeur" dans les prochaines années. Et après l'engagement de l'Union européenne lors du sommet de Bruxelles de parvenir à 20% d'énergies renouvelables d'ici 2020, il s'agit d'accélérer le mouvement.

A l'Ines, les effectifs actuels sont de 80 spécialistes venus de toute l'Europe. D'ici 2010, ils passeront à 250. «75% de l'industrie solaire française se situent dans un rayon de 100 kilomètres autour de l'Ines», assure Jean-Pierre Vial (UMP), président du conseil général de Savoie. Porté par le département de la Savoie et la région Rhône-Alpes, qui lui affectent chacun 15 millions d'euros sur trois ans, soutenu par l'Etat, qui le créditera de 30 millions d'euros supplémentaires, l'Ines regroupe des chercheurs et techniciens du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), de l'université de Savoie et du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).

Principale mission de l'Institut: la recherche. Situé au coeur de l'industrie solaire, le centre de recherche est bien placé pour pallier les besoins des entreprises de la région, avant de satisfaire ceux de l'Europe. Au premier rang de ces besoins, le manque de matière première, le silicium, dont la pénurie mondiale a nui au développement de l'énergie solaire au début des années 2000. Le but de l'Ines, en partenariat avec le CEA et le groupement d'entreprises Photosil (production simplifiée du silicium de qualité photovoltaïque) est d'optimiser les procédés de fabrication des cellules photovoltaïques pour améliorer leur rendement.

Aujourd'hui, le prix du silicium fluctue entre 50 et 200 euros le kilogramme(€/kg). L'Ines entend produire dès la fin 2007 un silicium à 15 €/kg. Le principe est d'utiliser du silicium de qualité dite «métallurgique», moins cher que le silicium pur, et dont les impuretés sont supprimées par une série de traitements. «Les besoins du marché sont énormes. Nous envisageons dans un premier temps de subvenir aux besoins de l'entreprise Photowatt dont la production annuelle est de 35 mégawatts (MW)», explique Robert de Franclieu, PDG d'Apollon Solar, membre de Photosil. Selon lui, la production mondiale, qui s'élève actuellement à 1.700 MW, pourrait atteindre 5.000 MW en 2010.

Autres domaines de recherche: le stockage des batteries, indispensable dans les systèmes de production d'électricité à partir d'énergies intermittentes, la performance énergétique des bâtiments, le développement de cellules fines et flexibles pour des applications de tailles diverses. Outre son activité de recherche, l'Ines participe également à la démonstration de matériels avec des prototypes de maisons économes en énergie, ainsi qu'à l'enseignement en formant des professionnels du solaire. La perspective est intéressante: c'est près de 2.000 emplois qui devraient être créés dans le secteur d'ici 2011.



(1) Désormais, chaque kWh produit rapporte 30 centimes d'euros au propriétaire de l'installation si celle-ci est située en France métropolitaine, et 40 centimes en Corse et dans les DOM-TOM où le potentiel est supérieur. A cela s'ajoute une prime d'intégration au bâti de 25 centimes/kWh en France métropolitaine et 15 centimes/kWh en Corse et dans les DOM-TOM.




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