La France, cernée par le charbon

Le 05 juillet 2016 par Romain Loury
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Belchatow, plus grande centrale à charbon d'Europe
Belchatow, plus grande centrale à charbon d'Europe

Bien qu’elle recoure peu au charbon, la France est l’un des pays qui lui paie le plus lourd tribut sanitaire, révèle une étude publiée lundi 4 juillet par plusieurs associations. En cause, les émissions de plusieurs pays voisins, dont l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Chaque année, les 280 centrales à charbon que compte l’UE sont responsables de 23.000 décès prématurés, pour un coût sanitaire de 62 milliards d’euros. Or ces impacts ne sont pas liés, loin de là, qu’à des émissions domestiques. Se jouant des frontières, les particules fines, les oxydes d’azote (NOx) et le dioxyde de soufre (SO2) engendrent des effets bien au-delà de leur pays d’origine.

Dans une analyse portant sur les émissions de 257 centrales européennes pour lesquelles des données sont disponibles, et en tenant compte des conditions météorologiques, quatre associations (WWF, HEAL, CAN Europe[i], Sandbag) ont calculé l’impact sanitaire causé par chaque pays à l’extérieur de ses frontières. Premier constat: personne n’en sort gagnant, mais d’autres encore moins que d’autres.

La Pologne, serial killer

En toute logique, ce sont les pays les plus charbonniers qui polluent le plus leurs voisins, y engendrant plus de décès prématurés que chez eux: le charbon consommé en Pologne tue 1.140 personnes dans le pays mais 4.960 à l’étranger, tandis que celui brûlé en Allemagne est responsable de 1.860 décès domestiques et 2.490 dans d’autres pays.

Le plus grand perdant n’est autre que la France: faible utilisatrice de charbon, elle est très touchée par les fumées du charbon étranger. Sur les 1.380 décès annuels dus au charbon dans le pays, seuls 50 sont liés à l’activité française. Quant aux autres, 460 sont «importés» d’Allemagne, 350 du Royaume-Uni, 160 de Pologne, 110 d’Espagne et 70 de République tchèque.

La France en cinquième position

Quelle que soit l’origine du charbon, c’est en Allemagne et au Royaume-Uni qu’on décède le plus du charbon, avec respectivement 3.630 et 2.100 morts prématurées par an. Ces pays sont suivis par la Pologne (1.860 décès) et l’Italie (1.610 décès), qui, comme la France (5ème position), est un grand «importateur» de décès.

Parmi les 257 centrales analysées, les associations en pointent 30 en particulier, responsables de 51% des 23.000 décès européens annuels. Parmi ces «Dirty 30», huit sont en Allemagne, six en Pologne et cinq au Royaume-Uni. En haut du podium, la centrale polonaise de Be?chatów entraîne 1.270 décès par an, loin devant la deuxième, la bulgare Maritsa East 2 et ses 730 morts.



[i] World Wide Fund, Health and Environment Alliance, Climate Action Network Europe.

 



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