La France, «bonne élève» de Kyoto

Le 12 janvier 2007 par Bérangère Lepetit
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L'Hexagone a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 1,8% depuis 1990. Mais l'objectif est de diviser par quatre les émissions d'ici 2050. Avec comme cibles principales les transports routiers et le bâtiment.

«La France a réduit de 1,8% ses émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2005 par rapport à 1990. Elle est en bonne voie pour respecter les contraintes du protocole de Kyoto». Nelly Olin, la ministre en charge de l'environnement, a ouvert le «deuxième rendez-vous Climat» en affichant son optimisme jeudi 11 janvier au Palais d'Iéna à Paris. «L'année 2006 a marqué l'entrée en application de nombreuses mesures du plan Climat adopté en 2004: sans elles, le dépassement de l'objectif Kyoto représenterait aujourd'hui une hausse de plus de 6%», a également souligné la ministre.

Avec 554,1 millions de tonnes équivalent CO2 (Mteq CO2), hors UTCF (1), contre 564,2 en 1990, la France pourrait respecter ses engagements de Kyoto d'émettre, en 2012, la même quantité de rejets carboniques qu'en 1990. Mais elle s'est elle-même assignée l'objectif de diviser par quatre ses émissions d'ici 2050 (Facteur 4), soit une réduction annuelle de 3%.

En 2004, la réduction des émissions françaises de GES n'avait atteint que 0,5%. Annoncées par Dominique de Villepin en novembre 2006, les nouvelles mesures du plan Climat pourraient se traduire par une économie annuelle de 6 à 8 millions teq CO2 par an sur la période 2008-2012.

Les réductions des rejets proviennent d'une baisse générale dans tous les secteurs. Seul le secteur de l'énergie, en augmentation de 0,2% en 2005, fait moins bien. Les émissions des transports en général ont baissé de 0,9%, celles des seuls transports routiers, de 1,1%. «Il s'agit d'une inflexion majeure», s'est félicitée Nelly Olin. Les transports (qui représentent plus d'un quart des GES et plus du tiers du CO2) représentaient en 2005 le secteur le plus émissif. Notons que c'est également celui qui a le plus augmenté depuis 1990 (22%). L'industrie (-18,4% en 2005 par rapport à 1990), contrainte par des objectifs européens au titre des Plans nationaux d'allocation de quotas de CO2 (Pnaq) et l'agriculture (-10,8%) sont les secteurs où les efforts ont été le plus notables.

Intervenant à la suite de la ministre en charge de l'environnement, Jean-Claude Gazeau, le président de la Mission interministérielle de l'effet de serre (Mies), a relativisé la baisse des émissions des transports. Liée à la flambée des prix du pétrole, à la rénovation du parc roulant et à la sobriété des nouveaux véhicules, elle serait en partie conjoncturelle. Interrogé par l'AFP, Olivier Louchard, le coordinateur du Rac (Réseau action climat), estime de son côté que ce résultat serait uniquement lié à la multiplication des radars et au prix du pétrole.

Enfin, malgré les mesures incitatives comme les crédits d'impôts et la nouvelle réglementation thermique, le bâtiment (résidentiel et tertiaire) continue d'émettre 20% des GES en France et totalise la moitié de la consommation d'énergie. «Les nouveaux gisements de réduction possibles se situent désormais essentiellement dans le transport routier et le bâtiment», a souligné Jean-Claude Gazeau.



(1) Utilisation des terres, leurs changements et la forêt




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