La France avance sur les TMS

Le 15 novembre 2005 par Claire Avignon
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A l'occasion du symposium sur les troubles musculo-squelettiques du 15 novembre, l'Institut de veille sanitaire consacre son bulletin épidémiologique hebdomadaire à ce problème de santé qualifié d'«épidémie».

Selon une étude menée par Annette Leclerc, de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), «près de 24.000 cas de troubles musculo-squelettiques (TMS) ont été indemnisés en 2003 au titre du tableau 57 (1) contre 2.602 (soit presque 10 fois moins) en 1992.» La hausse provient des TMS du membre supérieur -épaule, coude, poignet, main, doigts-, qui représentent deux tiers des maladies professionnelles indemnisées. Or, soulignent les chercheurs, «ce phénomène n'est pas un artefact dû à une augmentation des déclarations ou à des changements de nature médico-légale analogues à ce que serait pour la France la modification d'un tableau de maladies professionnelles.» Il s'agit bien du premier problème de santé au travail en termes de fréquence, et du deuxième en termes de coûts, avec 541 millions d'euros en 2003, derrière les affections liées à l'inhalation de poussières d'amiante (tableaux 30 et 30 bis). La somme dépasse 689 millions d'euros lorsqu'on prend en compte les lombalgies (tableaux 97 et 98).

Attribuée à la hausse du travail segmenté impliquant des tâches répétitives, cette augmentation reste toujours sous-évaluée du fait d'une sous-déclaration des TMS comme maladie professionnelle. Pour y remédier, l'Institut de veille sanitaire (InVS) a proposé au ministère chargé du travail de mettre en place un programme national de surveillance des TMS. La phase pilote qui s'est déroulée en Pays de la Loire entre 2002 et 2004, a donné des résultats intéressants. Ainsi, 58% des femmes et 53% des hommes ont déclaré au moment de l'enquête avoir souffert de douleurs ou de gêne dans les membres inférieurs au cours des 12 derniers mois. Autres chiffres inquiétants: «Un TMS au moins était diagnostiqué au cours de l'examen clinique chez 15 % des femmes et 11 % des hommes. Les tendinites de l'épaule étaient les plus fréquentes (9% des femmes et 7 % des hommes), devant le syndrome du canal carpien (4 % des femmes et 2 % des hommes) et l'épicondylite latérale (3 % des femmes et 2 % des hommes). La prévalence des TMS augmentait considérablement avec l'âge et après 50 ans, 15 % des femmes et 12 % des hommes souffraient d'une tendinite de l'épaule», est-il indiqué dans une étude menée par Yves Roquelaure, de l'université d'Angers.

Suite à ces résultats régionaux, un programme national devrait être très prochainement lancé. Le système de surveillance devrait comprendre 3 volets. Le premier concerne la surveillance de la population générale grâce à la constitution d'un réseau de médecins et de chirurgiens. Le deuxième consiste à mettre en place une surveillance des principaux TMS dans un échantillon d'entreprises. Enfin le troisième volet doit permettre d'évaluer le processus de la réparation au titre des maladies professionnelles afin de restreindre la sous-déclaration. Ainsi, la surveillance épidémiologique dans des entreprises des Pays de la Loire a montré que «contrairement aux statistiques d'indemnisation des maladies professionnelles, le TMS le plus fréquemment observé n'est pas le syndrome du canal carpien, mais les tendinites de l'épaule.»



(1) Le tableau 57 des maladies professionnelles du régime général comporte des affections de l'épaule, du coude, du poignet, de la main et des doigts, du genou, de la cheville et du pied.




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