La France a son institut du solaire

Le 05 juillet 2006 par Laure Pollez
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Energie solaire
Energie solaire

L’Institut national de l’énergie solaire existe, son protocole de création a été signé lundi 3 juillet en grande pompe au Technolac de Chambéry. La France espère ainsi combler son retard.

L'idée date de 1998, formulée conjointement par Michel Barnier, alors président du conseil général de Savoie, et Pierre Radanne, alors président de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Lundi 3 juillet, elle a véritablement pris chair: avec la signature du protocole d'accord de création de l'Institut national de l'énergie solaire, l'Ines, en présence du ministre chargé de la recherche, François Goulard.

En fait, il faudra encore attendre deux à trois ans pour que la structure existe de manière autonome juridiquement mais, dès à présent, l'Ines fonctionne, grâce aux moyens apportés par le CEA (1), le CNRS (2), le CSTB(3), l'Université de Savoie, le conseil général de Savoie et la région Rhône-Alpes. Les deux collectivités apportent chacune 15 millions d'euros, soit la moitié de l'investissement, chiffré à 60 millions d'euros, et l'Etat apporte le reste, par l'intermédiaire de la nouvelle Agence nationale de la recherche (ANR). Pour l'instant, une centaine de chercheurs issus du CEA, du CNRS et de l'Université de Savoie ont "délocalisé" leurs activités vers Technolac. A terme, ce sont 250 personnes qui devraient œuvrer ici, chercheurs, formateurs et industriels, au service du développement d'une filière solaire française digne de ce nom. Dès cet été, l'Ines assurera par exemple la formation d'une cinquantaine d'enseignants en bac technologique sur l'utilisation du solaire pour l'habitat

Le projet est d'ampleur, tant la France a de retard à combler en la matière. Aujourd'hui, la France ne produit que 1,5% des près de 2.000 mégawattheures (MWh) d'électricité photovoltaïques utilisés chaque année dans le monde. Et, alors que la croissance mondiale de ce marché atteint ces dernières années près de 40% par an, la consommation française reste confidentielle, voire inexistante.

L'objectif premier de l'Institut sera donc de permettre un abaissement des coûts, afin de rendre l'électricité solaire plus compétitive. Aujourd'hui, il faut effectivement payer 45 centimes du kilowattheure en France pour de l'électricité solaire, contre 4 à 5 centimes pour du nucléaire.

Mais le défi n'effraie pas Philippe Malebranche, chef adjoint du département des technologies solaires du CEA, chargé des programmes de recherche de l'Ines. Les angles d'attaque sont déjà définis: pour abaisser la barrière-prix, il faut réduire le cout-matière des équipements, optimiser leur rendement et leur durée de vie, accroître la productivité des procédés de fabrication. Et surtout, raccourcir le temps de répercussion des avancées de la recherche vers l'industrie. Pour cela, non content de regrouper la fine fleur des scientifiques du secteur, l'Ines se rapproche également des principaux producteurs, dont un grand nombre sont en Savoie. L'Ines se veut un pont entre ces deux rives. Déjà, un partenariat est en cours avec Ferropem et Appolon Solar. Le projet Photosil vise à proposer, d'ici deux ans, du silicium pour système photovoltaïque, à moindre coût, fabriqué à partir de silicium métallurgique. Le procédé permettrait d'avoir une matière première quatre fois moins chère qu'actuellement. D'autres projets sont prévus, concernant les cellules silicium et les systèmes thermiques. Le stockage de l'énergie, sur quelques heures, est également une piste examinée très sérieusement.

Toutefois, si la France fait là un grand pas en avant, par rapport au point d'où elle est partie, elle n'entre pas pour autant au Panthéon. "En termes d'argent public investi, la France était 15 à 20 fois en dessous de l'Allemagne ou du Japon, les leaders mondiaux. Maintenant, elle est 5 à 7 fois en dessous" explique Philippe Malebranche Pour l'instant, le ministre chargé de la recherche propose de doter l'Ines d'un statut de Pôle de recherche et d'enseignement supérieur, plutôt que d'en faire un simple établissement public, ce qui multiplierait les possibilités de partenariat.

(1) Commissariat à l'énergie atomique
(2) Centre national de la recherche scientifique
(3) Conseil scientifique et technique du bâtiment


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