La fourche et la fourchette, outils de transition écologique

Le 05 septembre 2017 par Marine Jobert
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Le champ, antichambre d'une révolution territoriale?
Le champ, antichambre d'une révolution territoriale?
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En ces temps d’Etats généraux de l’alimentation (EGA), quels sont les leviers à disposition des collectivités pour initier un changement d’alimentation dans les assiettes et les champs? Une publication détaille un certain nombre de pistes.

C’est parce qu’ils veulent manger des produits de qualité, protéger des activités non délocalisables, préserver les ressources naturelles, agir à leur échelle face au changement climatique et mettre leur grain de sel dans les pratiques agricoles que les citoyens sont de plus en plus nombreux à solliciter leurs élus sur la question alimentaire. Depuis une décennie, la demande ne fait que croître en ordre dispersé, et «chaque territoire construit sa voie, sa propre gouvernance, à son rythme», constate le Cerema[1] dans une publication, qui s’appuie sur une enquête nationale auprès de 38 collectivités sur les systèmes alimentaires durables territorialisés (SADT). Un chemin mal balisé, semé d’embûches et avec de fortes implications idéologiques.

Accéder au foncier

Premier constat: les collectivités sont outillées pour faire face aux défis principaux posés par le déploiement d’une alimentation durable. Ainsi de l’accès au foncier qui reste difficile, mais pour lequel des outils de planification et de gestion ‘classiques’ (Scot, PLU, PLUi[2]) existent, qui permettent d’orienter les choix vers l’agriculture. Ainsi des zones agricoles protégées (ZAP) ou des périmètres de protection et de mise en valeur des espaces agricoles et naturels périurbains (PPEANP). L’ex-région Nord-Pas de Calais s’était, elle, adossée à un schéma régional d’alimentation et d’agriculture durable (SRAAD), quand certaines métropoles ont mis en place des stratégies de remise en activité agricole en proposant des subventions au défrichage de parcelles non valorisées.

Agriculture sans pesticide

Parce que maintenir une eau de qualité coûte de plus en plus cher aux collectivités, celles-ci sont parfois intervenues en amont, sur les modes mêmes de production agricole. Protection des champs captants contre les pesticides, comme à Strasbourg; marché expérimental à Rennes pour améliorer les pratiques agricoles avec les agriculteurs du bassin versant; aides à l’investissement aux porteurs de projet avec des exigences précises sur les aires de captage pour Rouen métropole…

L’éducation alimentaire, la lutte contre le gaspillage ou la structuration de filières (comme de nouveaux ateliers de transformation ou de découpe) peuvent également être des champs d’action. Mais c’est la restauration collective qui reste le levier le plus efficace pour la production durable du territoire, via la commande publique, ainsi que les aides tous azimuts à une agriculture sans pesticide. Les outils en ce domaine sont nombreux: charte ‘qualité-proximité’, aide foncière pour des cultures en agriculture biologique, aides financières à la conversion, subventions sur des analyses d’azote dans le sol pour accompagner des changements de pratiques de fertilisation, jusqu’à la création de régies agricoles municipales.

Gouvernance complexe

Les motivations des acteurs sont cernées et les bonnes pratiques ont bien essaimé. Reste la question de la gouvernance, forcément complexe puisqu’elle intègre des agriculteurs et producteurs locaux, des artisans, des restaurateurs, les chambres d’agriculture, la Safer[3], les entreprises agroalimentaires, les grandes et moyennes surfaces, les transporteurs, des syndicats, les services de l’Etat, des citoyens, des associations, mais aussi des organismes de recherche et d’innovation. «La plupart des collectivités soulignent la complexité de cette  gouvernance», note le Cerema. Pourtant, la clé du succès réside dans la capacité à fédérer. Les exemples les plus éclatants reposent sur la volonté d’un édile, comme ceux d’Ungersheim ou de Loos-en-Gohelle, qui connaissent bien les acteurs, financent les diagnostics et créent des postes dédiés. «Il s’agit de démontrer par l’action pour faire des émules.»

 

 



[1] Cerema: Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement 

[2] Scot: schéma de cohérence territoriale, PLU: plan local d'urbanisme, PLUi: plan local d'urbanisme intercommunal

 

 

[3] Safer: Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural

 



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