La forte ambition des citoyens pour le climat

Le 08 juin 2015 par Stéphanie Senet
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Pierre Radanne (2ème à partir de la gauche) et Christian Leyrit (4ème) ont dressé un premier bilan de la Conférence citoyenne
Pierre Radanne (2ème à partir de la gauche) et Christian Leyrit (4ème) ont dressé un premier bilan de la Conférence citoyenne

Organisée en vue de la COP 21, la conférence citoyenne planétaire sur le climat et l’énergie s’est déroulée le 6 juin dans 75 pays à travers le monde, et en France dans 12 régions[1] et une agglomération (Grenoble). Des rendez-vous qui ont révélé des citoyens «très concernés, très volontaristes et très critiques».



[1] Aquitaine, Auvergne, Normandie, Centre-Val-de-Loire, Franche-Comté, Guadeloupe, Ile-de-France, Nord-Pas-de-Calais, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Poitou-Charentes, Réunion, Rhône-Alpes

 

 

La préoccupation des citoyens pour le climat n’est plus à démontrer. 81% des Français et 79% des habitants de la planète se disent en effet très concernés par le changement climatique. «Nous, les politiques, nous sous-estimons toujours l’engagement des citoyens. Ce débat nous a permis de voir combien ils sont mobilisés sur la question», a affirmé Gilles Deguet, vice-président de la région Centre-Val-de-Loire, lors d’une conférence de presse organisée ce 8 juin à Paris.

Pour rappel, chaque débat a été organisé avec une centaine de citoyens profanes, représentatifs de la population. Les questions avaient été élaborées en fonction du projet d’accord issu de la conférence de Genève, le 12 février dernier.

 

Très concernés, très volontaristes, très critiques

Une première analyse des 96 débats organisés en Afrique (29 pays), Asie-Océanie (18 pays), Amérique (15 pays) et Europe (13 pays)[1] a permis de révéler de nombreux points de convergence à travers le monde. «Si les citoyens sont dans l’ensemble très concernés, ils se montrent aussi très volontaristes et très critiques», a résumé Christian Leyrit, président de la Commission nationale du débat public (CNDP), à l’initiative de l’opération avec Missions publiques et le Danish Board of Technology.

Si la lutte contre le changement climatique est largement considérée comme «une opportunité» plutôt qu’un «obstacle» pour améliorer la qualité de vie, les citoyens expriment aussi leur ras-le-bol de la diplomatie. 88% des Français et 71% des citoyens mondiaux ont un avis très négatif sur les résultats des négociations onusiennes depuis 1992. Ils constatent aussi que la lutte contre le changement climatique n’est pas une priorité nationale dans leur pays, mais considèrent qu'elle devrait l’être (65% en France, 46% dans le monde).

Les attentes de la conférence parisienne n’en sont pas moins fortes: 76% des citoyens de l’Hexagone et 64% au niveau mondial affirment que tout doit être fait à Paris pour limiter le réchauffement de la température à 2°C. Une majorité demande un objectif mondial à long terme, contraignant juridiquement, pour arriver à zéro émission à la fin du siècle (61% en France et 69% dans le monde). Ce qui ne dédouane pas les pays de tout effort. Ils sont 73%[2] à penser que l’accord de Paris doit aussi comporter des objectifs nationaux, juridiquement contraignants, pour tous les pays. Ils ajoutent que pour être efficace, l’obligation doit s’accompagner d’une publication nationale des émissions et de leur évolution.

Concernant la responsabilités quant à l’action, les citoyens estiment qu’elle est avant tout mondiale (72% en France, 69% dans le monde) mais aussi citoyenne (56% en France, 48% dans le monde).

En matière de solutions, ils plébiscitent logiquement des solutions mondiales (60% en France et 59% dans le monde) et donnent priorité aux subventions des énergies renouvelables (47% en France et 57% dans le monde) et à la protection des forêts tropicales (50% en France, 42% dans le monde). 86% des citoyens sont par ailleurs favorables à l’instauration d’une taxe carbone, à quelques détails près. Certains préfèrent qu’elle soit proportionnelle à l’effort du pays pour réduire ses émissions (41%). D’autres qu’elle soit fonction de son niveau de développement (30%).

 

Des opinions plus isolées

Lues dans le détail, les conclusions de ces débats affichent aussi quelques points de divergence instructifs. «Les citoyens des pays les moins impactés par le réchauffement, comme la Russie qui devrait profiter de la remontée géographique de la culture du blé, sont davantage en retrait», note Pierre Radanne, consultant et ancien président de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Même bémol dans les pays producteurs de pétrole (Russie et pays du Golfe), même si 40% de ces habitants estiment quand même qu’il faut arrêter d’exploiter le pétrole. «Les citoyens malais paraissent aussi à l’écart, avec un discours privilégiant le développement et le rattrapage économique au détriment du climat», poursuit-il. Un son de cloche toutefois très isolé au niveau mondial.

Sans surprise, les citoyens les plus volontaristes sont aussi les plus menacés par le réchauffement, «en particulier aux Philippines, au Bengladesh et dans les petites îles du Pacifique». Quant à la République démocratique du Congo, elle appelle à un soutien international pour l’aider à lutter contre la déforestation.

Dans les pays les moins riches en ressources énergétiques, comme l’Union européenne, les attentes des négociations sont les plus fortes. Tandis que dans les pays les plus riches, les citoyens sont plus hostiles à un accord juridiquement contraignant.



[1] 8 pays ont finalement abandonné le projet

 



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