La forêt ne parviendra pas à limiter le réchauffement

Le 15 octobre 2018 par Stéphanie Senet
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Un puits de carbone mais pas une solution miracle
Un puits de carbone mais pas une solution miracle
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En Europe, le stockage forestier du carbone ne devrait pas stopper la hausse de la température, selon une étude publiée le 10 octobre dans la revue Nature.

Si les forêts jouent un rôle majeur pour séquestrer le carbone, cela ne suffira pas à arrêter l’élévation de la température. Pour arriver à cette conclusion, des chercheurs ont analysé les conséquences climatiques des différents modes de gestion forestière en Europe: stockage du CO2, voire accroissement de l'albédo, en laissant toutefois de côté les effets de la déforestation et du reboisement.


Une goutte d’eau dans l’atmosphère
«Les quantités de carbone séquestrées pendant 90 ans dans les forêts par les arbres, soit 2 parties par million (ppm), seraient faibles comparées à la quantité de carbone relarguée dans l’atmosphère selon le scénario le plus probable d’un réchauffement poursuivant sur sa lancée, soit environ 500 ppm», analyse Guillaume Marie, climatologue à l’université de Paris Saclay.
Selon le scientifique, c’est une erreur de penser que la séquestration du CO2 refroidit automatiquement le climat. «C’est le cas si on ne change pas les propriété optique, chimique et physique de la planète. Or, en favorisant les forêts de conifères au détriment de forêts de feuillus, on change la couleur des feuilles. Et ce changement alimente le réchauffement», poursuit-il.


Copie à revoir
Une information majeure alors que l’Union européenne mise sur ses forêts pour remplir un quart de l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre (-40%, au moins, entre 1990 et 2030). Pire, l’UE assiste à une disparition progressive de son patrimoine forestier à cause des sécheresses, tempêtes, insectes ravageurs, et de la déforestation opérée par l’homme. En avril dernier, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a ainsi condamné la Pologne pour les destructions de sa forêt primaire.
Résultat: les chercheurs préconisent de protéger en priorité la forêt face au réchauffement plutôt que de la solliciter pour stocker plus de carbone. Un éventuel reboisement massif ne pourrait pas réduire significativement les émissions de CO2 à cause de la densité de population.



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