La forêt de Fontainebleau, futur parc naturel national ?

Le 28 janvier 2011 par Célia Fontaine
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Un rapport sur l’opportunité et la faisabilité d’un parc national sur le massif forestier de Fontainebleau a été remis le 27 janvier à la ministre en charge de l’écologie.

« Le massif de Fontainebleau est l’un des plus étendus de France avec plus de 20.000 hectares sur le domaine privé de l’Etat (forêt domaniale) et 25.000 ha en comptant aussi les parcelles privées », rappelle le communiqué du ministère du 27 janvier. Il bénéficie depuis 2002 du statut de Forêt de protection et il est également considéré comme « réserve biologique intégrale et dirigée ». Il a obtenu le label « Man and Biosphere » de l’Unesco en 1998, ce qui doit permettre d’assurer l’équilibre entre le souci de protection de la biodiversité et l’ouverture du massif à un vaste public (la forêt domaniale attire plus de 13 millions de visiteurs par an). Plus de 15 statuts juridiques différents existent pour la gouvernance du massif, ce qui rend la lisibilité un peu complexe.

La question de la création d’un parc naturel national a été évoquée à de nombreuses reprises. Pour Frédéric Valletoux, maire de Fontainebleau, au-delà des cadres juridiques déjà en place, « ce classement permettrait de gagner en lisibilité en étant porté par une institution unique (…). Un parc naturel, ce n’est pas mettre la forêt sous cloche mais bel et bien marier tous les usages, toutes les fonctions de ce site exceptionnel pour en assurer la préservation durable », précise-t-il.

Un rapport a été rédigé fin 2010 par le comité de pilotage du projet « Fontainebleau parc national », animé par François Letourneux, président du Comité français de l’UICN. Il a été remis à la ministre de l’environnement.

« Le 74e engagement du Grenelle de l’environnement a acté la création de trois nouveaux parcs nationaux, dont un parc national ‘feuillus de plaine’. Le choix du gouvernement, après une large concertation, s’est porté sur un massif situé entre Champagne et Bourgogne. Ce choix n’excluait pas que d’autres démarches puissent ultérieurement être envisagées », a-t-elle indiqué lors de la remise du rapport.

La ministre « se réjouit de la volonté des élus locaux d’approfondir la réflexion au sein d’un groupement d’intérêt public (GIP) pour trouver des réponses aux difficultés rencontrées ». Elle a demandé aux services déconcentrés du ministère d’accompagner les travaux des élus afin de traiter l’ensemble de ces questions, notamment la gouvernance du massif, la fréquentation et sa régulation, la chasse, l'exploitation forestière, la fragmentation forte du massif et la restauration des continuités écologiques.

« Ce sera au GIP que nous allons créer de nous apporter des réponses précises sur ces sujets. Il ne s'agit pas d'accumuler les labels et les statuts, mais d'assurer la meilleure gestion possible à ce site exceptionnel », a indiqué Frédéric Valletoux. L'étape suivante consiste pour le maire à solliciter la participation de la Région et du Département, aux côtés des élus locaux et des services déconcentrés de l'Etat, au GIP d'études qui pourrait ainsi être créé courant 2011.

L’association des amis de la forêt de Fontainebleau estime pour sa part que « la création d’un parc national dans ce massif forestier serait inadaptée, compte tenu de sa localisation au milieu d’une zone très urbanisée et du réseau routier à forte fréquentation qui le traverse ; inutile, car le massif bénéficie déjà d’une série de mesures de protection efficaces ; et inopportune, compte tenu des contraintes qu’implique tout parc national ».

Elle considère en revanche qu’il conviendrait de faire face plus efficacement aux vrais problèmes qui se posent actuellement dans le massif, à savoir : l’accueil du public, l’érosion, les conséquences du changement climatique, et la circulation routière, notamment celle des poids lourds.



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