Exclusif : la FNSEA s’acclimatise

Le 26 février 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les vignerons sont déjà conscients du risque climatique.
Les vignerons sont déjà conscients du risque climatique.
VLDT

 

Le premier syndicat agricole français va se doter d’une doctrine sur l’atténuation et l’adaptation aux conséquences du changement climatique.

Ce sera l’un des temps forts de son prochain congrès. Entre deux débats et l’élection de ses prochaines instances dirigeantes, les délégués de la fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) devront adopter un rapport d’orientation sur le changement climatique.

Rédigé sous la houlette de Henri Bies-Péré, patron de la FNSEA des Pyrénées Atlantiques, le document donnera la vision du premier syndicat agricole français pour les prochaines années. Jusqu’à présent, les syndicalistes se contentaient de rappeler que leurs émissions baissent et que l’agriculture fournit des solutions à l’atténuation et à l’adaptation. Ce que personne ne conteste.

sensibilisation des filières

Il s’agit, cette fois, de sensibiliser et de mobiliser l’intégralité de la profession aux conséquences du réchauffement: hausse des températures pendant les périodes de croissance des plantes, multiplication des événements climatiques extrêmes, bouleversement dans certaines régions du cycle de l’eau. «A charge ensuite aux fédérations départementales d’élaborer les meilleures stratégies locales», dit-on au siège parisien.

Si certaines filières, comme la vitiviniculture, sont parfaitement consciences des enjeux climatiques, d’autres restent à convaincre. Fort heureusement, le terrain n’a jamais été aussi propice à ce grand chambardement. «Le rapport du Giec sur les sols a rappelé les enjeux de la sécurité alimentaire. Et le Green Deal européen intègre déjà des solutions agricoles et sylvicoles», se félicite l’un des rédacteurs.

le retour du fumier?

Quelques contraintes nouvelles sont aussi annoncées. Atteindre la neutralité carbone en 2050, objectif phare de la stratégie nationale bas carbone, suppose de réduire à néant les émissions agricoles de protoxyde d’azote (N2O), gaz à effet de serre 310 fois plus puissant que le CO2. Ce qui implique de remplacer les engrais azotés minorés par des fumures d’origine animale. Une vraie révolution!

Le rapport devrait ouvrir bien des portes pour ne pas rester sur une tonalité pessimiste. Selon toute vraisemblance, il devrait prôner l’adoption des règles de l’initiative 4 pour 1000: un ensemble de pratiques agricoles visant à accroître le stockage du carbone par les sols. Autre idée de transition agricole: le développement des énergies renouvelables à la ferme. Les promoteurs de la méthanisation et du photovoltaïque sont d'ailleurs très présents au salon de l’agriculture qui se tient à Paris jusqu’au 1er mars.