La fluoration de l’eau favoriserait l’hyperactivité infantile

Le 13 mars 2015 par Romain Loury
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Jusqu'à un tiers des différences entre Etats
Jusqu'à un tiers des différences entre Etats

Aux Etats-Unis, la fluoration de l’eau du robinet pourrait en partie expliquer les troubles de l’attention avec hyperactivité chez les enfants, révèle une étude publiée dans la revue Environmental Health. De quoi ajouter de l’eau au moulin des détracteurs, de plus en plus nombreux, de cette méthode.

Avec le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Chili, l’Irlande et le Royaume-Uni, les Etats-Unis font partie des pays qui recourent à ce traitement de l’eau, avec 64% de sa population exposée. La France y a quant à elle renoncé dans les années 1980, lui préférant le sel fluoré.

Utilisée depuis la fin des années 1940, la fluoration vise à réduire le risque de caries -ce qui en fait le seul traitement visant à traiter la population, et non l’eau elle-même. Du côté dentaire, les résultats sont sans nul doute positifs: plusieurs études ont confirmé que les caries étaient moins fréquentes dans les localités traitées.

Pourtant, la méthode est très controversée, plusieurs associations et experts médicaux craignant des effets sanitaires. N’ayant aucun bénéfice autre que dentaire, le fluor inhibe la fixation de l’iode sur la thyroïde, y affectant la production d’hormones. L’hypothèse est confortée par une étude publiée fin février, qui montre que l’hypothyroïdie est jusqu’à 60% plus fréquente dans les régions du Royaume-Uni où l’eau est fluorée.

Le TDAH en hausse de 5% par an

Cette fois-ci, c’est outre-Atlantique que la polémique rebondit, avec une étude de l’université de York (Canada) montrant qu’il en est de même avec le TDAH chez l’enfant. Liée à plusieurs polluants, dont des perturbateurs endocriniens et divers métaux lourds (plomb, mercure, arsenic), ce syndrome a connu une hausse de 43% entre 2003 et 2011 aux Etats-Unis, année où il touchait 11% des enfants âgés de 4 à 17 ans, selon les centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC).

Dans leur étude, les chercheurs ont comparé la prévalence de TDAH par Etat américain en fonction du taux de personnes dont l’eau potable était fluorée. Résultat: la corrélation est très forte pour les trois années examinées, à savoir 2003, 2007 et 2011, la fluoration expliquant entre un quart et un tiers des différences locales.

Ainsi, l’ouest des Etats-Unis est le moins atteint par le TDAH (8,75% des enfants en 2011), alors que seule 43,65% de la population est alimentée en eau fluorée. A l’inverse, le sud compte 13,51% d’enfants touchés par la maladie, et 73,37% de foyers raccordés à une eau fluorée.

Aux Etats-Unis, il se trouve que la fluoration est plus souvent pratiquée dans les zones défavorisées, or un enfant né dans une famille de faible niveau socio-économique est plus à risque de TDAH. Pourtant, l’association entre fluoration et TDAH demeure après prise en compte de ce facteur social. Selon les chercheurs, toute augmentation de 1% de la population «fluorée» entraîne jusqu’à 131.000 cas supplémentaires de TDAH par an aux Etats-Unis.

Toxicité directe ou érosion des canalisations?

Sous réserve qu’un lien de causalité soit confirmé, les chercheurs évoquent deux pistes. Primo, celle d’une toxicité directe du fluor sur le cerveau, effet neurotoxique déjà observé chez l’animal à des doses fréquemment retrouvées chez l’homme. Par ailleurs, plusieurs études, contredites par d’autres, ont suggéré une légère baisse du quotient intellectuel (QI) chez des enfants dont le foyer est alimenté en eau fluorée. Autre possibilité, l’hypothyroïdie de la femme enceinte accroîtrait le risque de retard mental de l’enfant.

Secundo, il est possible que les silicofluorures ajoutés au réseau d’eau accélèrent l’érosion des vieilles tuyauteries, favorisant le rejet de plomb. Or selon d’autres travaux, plus d’un quart des enfants américains atteints de TDAH le seraient en raison d’une exposition excessive à ce métal lourd, fortement neurotoxique et responsable du saturnisme.

En France, seulement 3% de la population française vit dans des communes dont l’eau du robinet présente une teneur élevée en fluor naturel, supérieure à 0,7 mg/L. Le risque semble donc bien moindre que dans les pays pratiquant encore la fluoration. Il est en revanche plus élevé pour les ions perchlorates, d’origine naturelle ou industrielle, qui pourraient aussi favoriser l’hypothyroïdie et un retard mental chez l’enfant.



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