La flore intestinale, pivot de l’obésité

Le 04 septembre 2013 par Romain Loury
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La flore intestinale, essentielle de la survenue de diabète de type 2.
La flore intestinale, essentielle de la survenue de diabète de type 2.

En partie menées par des équipes françaises, deux grandes études publiées dans la revue Nature confirment l’importance de la flore intestinale quant au risque de maladies liées à l’obésité.

Pour les auteurs de ces études, le microbiome intestinal, qui regroupe les 1.000 milliards de bactéries de notre intestin, ne serait rien de moins pour l’homme qu’un «autre génome». Au vu du nombre croissant d’études à ce sujet (voir le JDLE ici et ici), le microbiome semble même bien plus déterminant que le génome lui-même dans la survenue de maladies métaboliques, obésité et diabète compris: nos gènes n’expliqueraient au mieux que quelques pourcents de l’obésité.

 

Menées par deux consortiums, l’un international (MetaHIT), l’autre français (MicroObes), deux nouvelles études parues dans Nature [1] apportent une confirmation définitive de l’importance de la flore intestinale, allant même plus loin: sa diversité et sa composition sont non seulement liées au risque de développer des maladies liées à l’obésité, mais il semble même possible de les modifier rapidement grâce à un régime adapté, ce qui aurait un effet préventif.

 

Conduite sur 292 adultes danois, dont 169 obèses, la première étude montre un risque plus important de diabète de type 2 (non insulinodépendant), de problèmes lipidiques, hépatiques et cardiovasculaires, voire de certains cancers chez les personnes dont la flore intestinale est faiblement diversifiée. Une analyse plus poussée montre que 8 espèces bactériennes, faiblement abondantes dans ce groupe, suffisent à les différencier des personnes à la flore plus variée.

Pour la plupart productrices de butyrate (un anti-inflammatoire naturel), ces espèces bactériennes «pourraient avoir un rôle protecteur contre la prise de poids. Cette découverte pourrait, à terme, conduire au développement de nouveaux probiotiques permettant de lutter contre la prise de poids», explique l’Inserm dans un communiqué.

 

Efficacité d’un régime riche en protéines

Réalisée par le consortium MicroObes, la seconde étude montre qu’un régime riche en protéines et en fibres permet en 6 semaines de diversifier la flore intestinale, et donc d’abaisser le risque de maladies liées à l’obésité. Conduite sur 38 participants français obèses et 11 en surpoids, elle met en évidence une corrélation entre, d’une part l’augmentation de la diversité bactérienne, d’autre part une perte de poids et du tissu graisseux, ainsi qu’une baisse des taux de triglycérides et de cholestérol.

Pour l’Inserm, «l’ensemble des signes cliniques liés à l’obésité pourraient être corrigés, ou encore mieux prévenus, par la détection précoce de l’altération du microbiome et grâce à des recommandations nutritionnelles adaptées».

«Une telle voie, esquissée par ces deux études, pourrait conduire à une médecine préventive des maladies chroniques, alternative à la médecine curative dont le poids sur les sociétés industrialisées devient financièrement difficile à soutenir», poursuit l’institut. Selon les auteurs du consortium MetaHIT, l’obésité touchait environ 400 millions d’individus adultes en 2005 dans le monde, et pourrait en concerner 700 millions en 2015 si la tendance actuelle se poursuit.

 

[1] Parmi les acteurs français de ces recherches, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), les universités Pierre et Marie Curie-Paris VI (UPMC) et d’Evry, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) ou encore le Centre national de la recherche scientifique (CNRS).



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