La flore intestinale, ligne de départ de l’allergie?

Le 11 mars 2015 par Romain Loury
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Un révélateur des futures allergies
Un révélateur des futures allergies

Chez les bébés de 3 mois, la composition et la richesse de la flore intestinale conditionnent le risque ultérieur de sensibilité alimentaire, signe avant-coureur d’une allergie, révèle une étude canadienne publiée dans la revue Clinical & Experimental Allergy. Une découverte qui ouvre la voie à des applications préventives et curatives.

Si elle n’aboutit pas forcément à une allergie alimentaire, la sensibilité à un aliment constitue souvent un épisode précurseur d’asthme, d’eczéma et de rhinite allergique. Alors que son origine demeure peu connue, plusieurs travaux ont conforté l’hypothèse hygiène. Selon celle-ci, une plus grande exposition aux bactéries dans les premiers mois de vie aguerrit le système immunitaire, et réduit le risque allergique.

Publiée par l’équipe d’Anita Kozyrskyj, pédiatre à l’université d’Alberta d’Edmonton, une nouvelle étude confirme un peu plus cette piste. Menée sur 166 enfants, dont 12 souffrant de sensibilité alimentaire à un an (avant tout au lait et à l’arachide), elle montre un lien très étroit avec la composition de la flore bactérienne intestinale lors des tout premiers mois de vie.

Outre une moindre diversité bactérienne à l’âge de 3 mois, les enfants sensibilisés à l’alimentation présentaient un plus grand nombre de bactéries du genre Enterobacteriaceae, et bien moins de Bacteroides. Le taux Enterobacteriaceae/Bacteroides (rapport E/B) était de 1 chez les enfants contrôles, tandis qu’il atteignait 135,5 chez ceux s’avérant sensibilisés 9 mois plus tard.

Un marqueur de maturité intestinale

Selon les chercheurs, «le rapport E/B pourrait être un indicateur de la maturité du microbiome intestinal: lors du développement normal, l’intestin est d’abord colonisé par des Enterobacteriaceae, qui en éliminent l’oxygène et créent un environnement favorable à l’arrivée des Bacteroides. Le rapport E/B décline ainsi avec l’âge, signe d’une évolution vers un microbiome de type adulte».

«Le fait que le rapport E/B demeure élevé chez des enfants sensibilisés suggère qu’une maturation retardée favorise au final une allergie», ajoutent-ils. Outre l’intérêt de ce marqueur pour prédire le risque de sensibilité alimentaire, les chercheurs estiment qu’il serait possible de prévenir, voire de traiter, de telles affections, en modifiant la flore intestinale.

Cette étude n’est qu’un volet d’un projet plus large, dénommé CHILD (Canadian Healthy Infant Longitudinal Development), mené sur 2.500 enfants canadiens. Son but: mieux connaître les facteurs environnementaux et génétiques favorisant l’apparition d’allergies, en forte hausse dans les pays industrialisés.



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