La flore intestinale, complice de la viande rouge

Le 17 avril 2013 par Romain Loury
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La flore intestinale, complice de la viande rouge.
La flore intestinale, complice de la viande rouge.
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Une équipe américaine a découvert un mécanisme liant pour la première fois consommation de viande rouge, flore intestinale et risque cardiovasculaire, lors de travaux publiés dans la revue Nature Medicine. A l’origine de cette étude, le constat que les acides gras saturés présents dans la viande rouge ne suffisent pas à expliquer le risque cardiovasculaire associé à sa surconsommation. Pour l’équipe de Stanley Hazen, de la Cleveland Clinic (Ohio), l’origine est à chercher du côté d’un autre composant de cet aliment: la L-carnitine.

Dans leur étude menée chez l’homme et la souris, les chercheurs montrent que cette molécule, par ailleurs essentielle au fonctionnement cellulaire, est métabolisée par les bactéries intestinales en triméthylamine (TMA), puis en triméthylamine-N-oxyde (TMAO). Or ce TMAO, une fois la barrière intestinale franchie, favorise l’athérosclérose, dépôt de lipides sur les parois des vaisseaux sanguins qui, à terme, provoque des accidents cardiovasculaires. Selon une analyse menée par l’équipe sur près de 2.600 personnes, celles dont le sang était le plus chargé en TMAO présentaient un risque cardiovasculaire plus élevé. Mais la grande nouveauté de cette étude, c’est la démonstration du rôle de la flore intestinale dans l’apparition du TMAO.

Pour preuve, l’expérience que les chercheurs ont menée chez des volontaires dont la flore avait été éliminée par un traitement antibiotique: la prise alimentaire de L-carnitine n’entraînait aucune formation de TMAO, contrairement à ce qu’il advient en présence d’une flore. Encore plus étonnant, les végétariens et les végétaliens, notablement moins à risque cardiovasculaire [JDLE], s’avèrent peu capables de produire du TMAO après ingestion de L-carnitine, bien moins que les personnes consommant régulièrement de la viande rouge.

Explication: l’intestin des végétariens contient peu de bactéries métabolisant la L-carnitine. Si les auteurs disent espérer de nouvelles pistes thérapeutiques pour la prévention cardiovasculaire, c’est autre chose qui semble en réalité les préoccuper: les compléments alimentaires à base de L-carnitine, utilisés comme brûleurs de graisse par les adeptes de la musculation. Une consommation souvent abusive, qui pourrait dès lors avoir des effets très délétères chez ces sportifs.



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