La flore intestinale, aussi une question de genre

Le 30 juillet 2014 par Romain Loury
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A chacun sa flore
A chacun sa flore

La flore intestinale dépend certes du régime alimentaire mais elle varie aussi d’un individu à l’autre, notamment suivant son genre. Ce qui pourrait expliquer pourquoi certaines maladies métaboliques sont plus ou moins fréquentes d’un sexe à l’autre, suggère une étude publiée dans la revue Nature Communications.

Egalement appelée «microbiome», la flore intestinale constitue un domaine de recherche de plus en plus actif. Et pour cause: sa composition semble conditionner le risque de plusieurs maladies métaboliques en pleine expansion, telles l’obésité, le diabète, certains cancers (en particulier le colorectal), les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (Mici), et même les maladies articulaires.

S’il est désormais bien établi que la flore intestinale dépend étroitement de notre alimentation, on en sait bien moins sur le rôle de l’individu lui-même. Notamment de ses caractéristiques génétiques, ou tout simplement de son sexe. Or il semble que ce facteur joue un rôle important, en modifiant l’effet de l’alimentation sur la composition de la flore.

L’étude de Daniel Bolnick, de l’université du Texas à Austin, et ses collègues apporte ainsi la première preuve d’une interaction hôte-environnement en matière de microbiome intestinal. Après avoir démontré le phénomène chez deux espèces de poisson d’eau douce, l’épinoche (Gasterosteus aculeatus) et la perche commune (Perca fluviatilis), les chercheurs montrent qu’il en est de même chez l’homme.

Des effets opposés selon le sexe

Selon une nouvelle analyse de données déjà publiées, de nombreux groupes bactériens retrouvés dans l’intestin s’avèrent réagir de manière différente à un régime alimentaire donné. Par exemple, les parabacteroides et les bacteroides se font plus rares dans l’intestin des hommes lorsqu’ils consomment plus d’acides gras saturés, à la différence des femmes, chez lesquelles ces bactéries prolifèrent mieux.

Pour les chercheurs, ces différences entre hommes et femmes pourraient s’expliquer par des différences soit hormonales, soit immunitaires au niveau de la paroi intestinale. Celles-ci pourraient d’ailleurs expliquer pourquoi les femmes sont plus sujettes aux Mici que les hommes.

Au-delà de l’étude du microbiome, la possibilité d’agir sur le microbiome afin de traiter des maladies fait l’objet de plusieurs études. Que ce soit par modification du régime alimentaire ou des médicaments, ces nouveaux résultats pourraient bien remettre en cause l’idée selon laquelle des traitements peuvent être efficaces chez tous les patients.



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