La flore intestinale aussi liée au diabète

Le 03 octobre 2012 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La flore aussi est importante.
La flore aussi est importante.

Le type de bactéries présentes dans l’intestin est lié au diabète non insulinodépendant, celui dit de type 2, montre une étude internationale publiée dans la revue britannique Nature.

Jusqu’alors, les études génétiques menées sur le diabète de type 2 ont avant tout porté sur le génome du patient, permettant ainsi de mettre en évidence plusieurs marqueurs de la maladie. Menée par des chercheurs chinois, en collaboration avec une équipe de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra, Jouy-en-Josas), cette nouvelle étude va un pas plus loin, en se penchant sur le microbiome intestinal.

Objet d’étude du projet international MetaHIT, la flore intestinale semble en effet jouer un rôle important dans plusieurs maladies impliquant cet organe, dont l’obésité et des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (Mici) comme la maladie de Crohn.

Cette nouvelle étude a porté sur 345 patients chinois atteints d’un diabète de type 2, dont la flore intestinale, prélevée dans les selles, a été séquencée puis comparée à celle de personnes saines [1]. Les différences étaient modestes, avec seulement 3,8% de gènes liés au diabète de type 2.

Une analyse plus poussée de ces gènes montre pourtant d’importants changements au sein du microbiome intestinal, dont un appauvrissement en bactéries productrices de butyrate (un anti-inflammatoire naturel), ou encore un enrichissement en plusieurs bactéries pathogènes.

Les chercheurs montrent ensuite qu’il est possible de déterminer, avec un bon degré de certitude, qui est atteint par un diabète de type 2 et qui ne l’est pas, grâce à une signature de seulement 50 gènes bactériens. L’intérêt médical est donc diagnostique, mais peut-être aussi thérapeutique. Dans un communiqué, l’Inra explique qu’il s’agira d’abord de «caractériser comment le microbiote intervient dans l’apparition et le développement de cette maladie courante».

Les chercheurs prévoient d’étudier s’il est déjà possible de percevoir des perturbations de la flore chez les personnes à risque de développer un diabète. Autre piste de recherche, la greffe de flore intestinale d’un patient diabétique à des souris saines, pour voir si celles-ci développent à leur tour la maladie.

[1] Le génome de la flore intestinale est appelé «métagénome», d’où le nom de ce type d’études de séquençage à grande échelle, dites MGWAS (Metagenome-Wide Association Study). Les travaux portant sur le génome humain, celui du patient atteint d’une maladie donnée, sont quant à eux appelés GWAS (Genome-Wide Association Study).



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus