La flore intestinale à l’avant-garde du cerveau

Le 05 juin 2013 par Romain Loury
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Les yaourts probiotiques ont un effet sur le cerveau.
Les yaourts probiotiques ont un effet sur le cerveau.

La composition de la flore intestinale influe sur le fonctionnement du cerveau, ainsi que le démontre pour la première fois chez l’homme une étude menée sur des produits laitiers à base de probiotique.

«Le cerveau envoie des signaux à l’intestin, ce qui explique pourquoi le stress et d’autres émotions peuvent entraîner des troubles gastro-intestinaux [exemple, les crampes à l’estomac]. Cette étude démontre ce qui n’avait jusqu’alors été mis en évidence que chez l’animal: ces signaux peuvent aussi voyager dans le sens inverse», explique l’University of California Los Angeles (UCLA) dans un communiqué.

Menés en collaboration avec une équipe du centre Danone Research de Palaiseau (Essonne), ces travaux ont porté sur 36 femmes âgées de 18 à 55 ans, dont un tiers devaient consommer deux fois par jour un yaourt à base de lait fermenté contenant des bactéries probiotiques [1]. Quant aux autres, elles n’avaient droit qu’à un yaourt sans probiotique, voire à aucun produit en particulier.

Quatre semaines plus tard, un examen cérébral, réalisé par IRMf (imagerie par résonance magnétique fonctionnelle), montrait des différences marquées dans plusieurs zones du cerveau, notamment une baisse d’activité dans celles impliquées dans l’anxiété, chez les participantes du groupe probiotique.

Pour les chercheurs, cette découverte selon laquelle la composition de la flore intestinale, déjà impliquée dans plusieurs maladies chroniques (obésité, diabète, maladies cardiovasculaires, etc.), influencerait aussi le fonctionnement du cerveau ouvre de grandes perspectives de recherche médicale. Entre autres contre la maladie de Parkinson, la maladie d’Alzheimer ou l’autisme –syndrome de l’enfance qui s’accompagne souvent de troubles intestinaux (voir le JDLE).

Se pose également la question de l’usage des antibiotiques chez les nourrissons, de plus en plus remis en cause. Déjà liés à un risque ultérieur d’obésité, ces médicaments, en supprimant la flore intestinale au moment même de sa formation, pourraient avoir «des conséquences à long terme sur le développement du cerveau», avance l’UCLA.

[1] Le probiotique en question contenait, entre autres bactéries, Bifidobacterium animalis lactis, Streptococcus thermophilus, Lactobacillus bulgaricus et Lactococcus lactis lactis.



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