La filière éolienne française se structure

Le 06 mars 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La filière devra équilibrer sa balance commerciale.
La filière devra équilibrer sa balance commerciale.
VLDT

Sous l’impulsion du Syndicat des énergies renouvelables, des PME industrielles se diversifient dans le secteur éolien. Objectif: développer l’activité et réduire le déficit de la balance commerciale française.

Le ministère du redressement productif a décidément un problème avec les énergies renouvelables. Du moins avec l’éolien et le photovoltaïque. Bercy reproche à ces deux fers de lance de la programmation pluriannuelle des investissements électriques (PPI) de contribuer au déséquilibre de la balance commerciale française. L’an passé, le montant du déséquilibre de nos échanges commerciaux s’est élevé à 61,2 milliards d’euros. A eux seuls, nos échanges d’énergie accusent un solde négatif supérieur à 66 Md€. Mais au fait, dans cette balance commerciale, combien pèsent le vent et le soleil ? Réponse: on n’en sait rien.

 

Quelle balance commerciale?

Interrogé par le JDLE, Bruno Leboullanger avoue sa méconnaissance du sujet. «On ne connaît pas la balance commerciale des énergies renouvelables, qui n’entrent dans aucune nomenclature de notre appareil statistique», explique le chef du bureau des technologies de l’énergie au ministère du redressement productif.

On procède donc au doigt mouillé: «Pour le photovoltaïque, nous estimons le déficit à 1,6 Md€, en 2011, et à 200 millions pour l’éolien». Pour tenter d’y voir plus clair, les services d’Arnaud Montebourg ont demandé à l’Ademe d’affiner l’évaluation, en faisant le tri entre les produits finis importés et les composés exportés. Le travail est en cours.

Pour le reste, l’état milite activement pour que les deux secteurs reconquièrent des parts de marché. «Nous souhaitons pour ces deux secteurs que la balance commerciale soit, au moins, équilibrée, en 2020», poursuit Bruno Leboullanger.

 

S’intégrer à la filière

Pour ce faire, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) a engagé un travail de longue haleine. Conscient que les deux turbiniers tricolores (Alstom et Areva) pèsent encore peu au regard de leurs grands concurrents danois et allemands, le lobby français du renouvelable a engagé une structuration de la filière éolienne. Baptisée Windustry, cette démarche «vise à amener des entreprises industrielles à s’intégrer à la filière», explique Jean-Louis Bal, président du syndicat. Le moment est d’ailleurs bien choisi. En attendant de connaître le résultat des prochains appels d’offres éoliens marins, les grands donneurs d’ordre cherchent et sélectionnent leurs futurs fournisseurs. D’où l’importance pour des sociétés «hors filière» de se manifester maintenant.

Raison pour laquelle, à l’occasion de certains de ses colloques, le SER organise des rencontres d’affaires entre pros et impétrants. Avec le concours de BPI France, le SER essaie d’amener des PME-PMI volontaires à se diversifier. Treize d’entre elles, prometteuses, ont été sélectionnées. Elles ont bénéficié du conseil d’experts, mandatés par le SER (et payés en partie par la BPI), pour adapter leur outil de production et investir à bon escient.

 

Idées et légitimité

Fonderie et Mécanique générale castelbriantaise (FMGC) est l’une d’entre elles. Basée à Soudan (Loire-Atlantique), cette filiale du groupe Farinia a sauté le pas. «En exportant 80% de notre production, nous sommes dans une bonne situation, mais sur des marchés à faible croissance. De plus, nous voyons arriver la concurrence asiatique», explique Gérard Thuet. Pour son président du directoire de la fonderie, il est donc grand temps de préparer une diversification du spécialiste du lestage et de l’ancrage en fonte grise. «Notre objectif est que 20% de notre chiffre d’affaires soit réalisé sur de nouveaux marchés, en 2020», poursuit-il. «Participer à Windustry nous a permis de valider des idées et d’acquérir une légitimité.» Le leader européen de la production de contrepoids en fonte pourrait d’ailleurs prochainement conclure ses premiers contrats éoliens. Une éolienne marine posée a besoin d’un bon millier de tonnes de lest pour être stabilisée. Selon les puissances unitaires retenues, entre 1.000 et 2.000 turbines pourraient être installées dans les mers françaises d’ici à 2022. De quoi vendre aussi de la fonte.



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