La filière des granulés de bois veut sortir de l’ombre

Le 09 novembre 2009 par Sabine Casalonga
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Dans un contexte de forte croissance mondiale, la filière française des granulés de bois, un acteur encore très modeste des bioénergies, appelle à un meilleur soutien public afin d’accroître sa visibilité auprès des particuliers, mais aussi des collectivités et des professionnels. Un colloque organisé en partenariat avec l’Ademe, le 3 novembre, a été l’occasion de présenter ses atouts.

Très loin derrière la bûche et les plaquettes, les granulés de bois, obtenus après séchage et condensation des sciures et des co-produits de menuiserie, représentent le «petit Poucet» du marché du bois de chauffage domestique. «Sur 500.000 appareils vendus chaque année, seuls 30.000 sont dédiés aux granulés», souligne Christophe Barel de l’Ademe. Dans d’autres pays européens comme l’Italie ou la Suède, la filière est beaucoup plus développée.

Les raisons sont en partie structurelles –part importante du chauffage électrique d’origine nucléaire en France- et historiques. «La filière a été plus lente à se mettre en place en France en raison d’un manque de soutien public, d’une concurrence d’usage de la matière première avec l’industrie des panneaux de particules, et de l’atomisation des scieries sur le territoire», explique Hugues de Cherisey, secrétaire général du Syndicat national des producteurs de granulés de bois (SNPGB).

La filière est néanmoins parvenue à se développer. «L’étape pionnière est dépassée, la filière a accru son offre et le nombre de ses acteurs et elle s’est professionnalisée», explique le représentant de la SNPGB. A l’heure actuelle, 6 entreprises représentant 30% des volumes produits en France sont certifiées. Au total la filière regroupe 30 entreprises de taille variable, leur production oscillant entre quelques centaines et plus de 50.000 tonnes par an. Entre 2008 et 2009, la production nationale a connu une forte augmentation passant de 208.000 à 345.000 t, restant toutefois en retrait par rapport à l’Italie (600.000 t), l’Allemagne (1,6 million contre 400 millions en 2006). Et pour l’avenir, Hugues de Cherisey estime que «la croissance va se poursuivre de façon très substantielle». La filière entend donc participer à l’atteinte des objectifs du Grenelle, soit 23% d’énergies renouvelables (ENR) d’ici 2020. Et demande une reconnaissance publique. «Nous souhaitons être intégrés dans les plans de développement nationaux des ENR, et être soutenus en termes de communication afin de bénéficier d’une meilleure visibilité», souligne Hugues de Cherisey.

Le colloque du 3 novembre visait à sensibiliser notamment les décideurs politiques à l’installation de chaudières de locaux collectifs (entre 50 et 1.000 kW). De fait, le marché des collectivités, encore peu développé en France par rapport au marché domestique (poêles, chaudières), représente un levier intéressant. «On voudrait le stimuler, mais la mise en place est plus lente et les acteurs sont insuffisamment informés», souligne le représentant de la SNPGB.

Le granulé de bois dispose de plusieurs atouts. Sa forte densité énergétique et son caractère homogène permettent des volumes de stockage et des fréquences de livraison du combustible réduits en comparaison des plaquettes de bois. Ce qui le rend particulièrement intéressant pour un usage en établissement collectif en zone urbaine. Et l’impact environnemental? Ressource renouvelable, le granulé de bois émet globalement moins de polluants que les plaquettes ou les bûches: «2 à 20 fois moins de monoxyde de carbone (CO) et environ 2 fois moins de particules fines, souligne Yann Rogaume, enseignant-chercheur à l’université de Nancy. Ce combustible est particulièrement adapté aux petites chaufferies et aux procédés industriels demandant des pics de fonctionnement comme les fromageries». Le granulé de bois est toutefois dépendant d’un apport en énergie lors de l’étape de sa fabrication (séchage), à l’origine d’émissions de CO2 supplémentaires. Selon l’Ademe, les émissions totales de CO2 des plaquettes et des granulés de bois seraient toutefois équivalentes à 33 grammes pour 1 kWh utile contre 40 g pour les bûches, 466 g pour le fioul et 180 g pour l’électricité.

Le coût est a priori le principal inconvénient des granulés, puisque leur prix est le plus élevé: 5,11 centimes d’euro par kilowattheure à pouvoir calorifique inférieur (c€/kWh PCI) pour les granulés en vrac, 6,76 c€/kWh PCI pour les granulés en sac contre 3 pour les bûches et 1,86 pour les plaquettes forestières, selon les prix de 2007. Néanmoins, cette énergie renouvelable reste intéressante dans un contexte de prix du fioul élevé (6,49 c€/kWh PCI en 2007 et 8,93 en août 2008). Il existe par ailleurs différents outils d’aide au financement comme le crédit d’impôt et l’éco-PTZ pour les particuliers et le fonds Chaleur. Reste la nécessité de stabiliser les prix et de sécuriser l’approvisionnement. Les fortes baisses de prix du fioul en 2006 et sa hausse en 2008 ont en effet induit des mini «crises» dans la filière en raison d’un manque d’information des producteurs. Afin de remédier à ce problème, l’Autriche a mis en place en 2008 un système de suivi mensuel de la production auquel collaborent tous les acteurs de la filière.


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