La filière bio en plein boom

Le 19 mai 2011 par Geneviève De Lacour
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Qui pourrait s’en étonner? Le bio a fortement progressé entre 2009 et 2010 mais reste encore loin de l’objectif du Grenelle de l’environnement qui était de 20% de la surface agricole utile (SAU) de la France en 2020. En charge du développement de la filière, les représentants de l’Agence bio rayonnaient pourtant aujourd’hui 19 mai lors de la présentation des dernières tendances. C’est le printemps du bio qui s’annonce. 
 
«On arrive de plus en plus à rapprocher la production de la demande des consommateurs», explique Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence bio. La consommation augmente mais surtout les importations diminuent. Le nombre d’opérateurs a augmenté de 49% en deux ans. Ainsi, 31.000 producteurs, transformateurs, distributeurs travaillent pour cette filière en pleine expansion.
A la fin 2010, 20.604 agriculteurs étaient engagés dans le bio. En deux ans, leur nombre a augmenté de 55% puisqu’en 2008, ils étaient seulement 13.000. La conversion récente de nombreux agriculteurs a permis de répondre à la demande croissante des consommateurs. A noter que la région Rhône-Alpes détient le record d’agriculteurs bio avec 2.300 exploitations.
Quant aux surfaces cultivées en bio, elles ont augmenté de 45% entre 2009 et 2010. Elles représentent 845.440 hectares au total.
 
Le développement est contrasté en fonction des régions mais toutes ont vu leurs surfaces croitre. La région Midi-Pyrénées prend la tête du classement avec plus de 100.000 ha dédiés au bio. A noter que le secteur de la vigne est celui qui connaît la plus forte progression des surfaces en conversion.
 
En 2010, le marché des produits alimentaires bio a augmenté de 10,8% et a été évalué à 3,4 milliards d’euros –soit 2% du marché alimentaire national. Le marché a augmenté de 32% en deux ans.
 
Engouement croissant des consommateurs d’un côté. De l’autre côté, «les prix sont restés stables en 2010» assure la directrice de l’Agence bio, «même si parfois de légères tendances à la hausse ont pu être observées. Mais en général, la maitrise des frais logistiques a permis une bonne régularité des prix». Elisabeth Mercier a aussi souligné la diversité des modes de distribution en fonction de la spécificité des produits.
 
35,3% des produits bio consommés en France provenaient donc de l’étranger en 2010, contre 38% en 2009. «Le mouvement de réduction des achats à l’extérieur de la France devrait s’amplifier avec la conversion croissante des terres agricoles», assure la directrice de l’Agence Bio. 31% des produits importés concernent des produits exotiques (bananes, fruits exotiques, café, thé, cacao…).
 
Pour 30%, il s’agit de produits provenant de secteurs -comme le soja ou l’aquaculture- dans lesquels la France reste modeste. Enfin pour 39%, il s’agit d’importations-relais comme le lait bio par exemple, très sollicité par les consommateurs. Actuellement, ce lait vient de Belgique, de Grande Bretagne et d’Allemagne. «Sans les produits exotiques, le chiffre des importations serait ramené à 25%», complète Elisabeth Mercier.
 
Autre fait marquant, les restaurants collectifs se sont engagés dans le bio en 2010. 46% de gestionnaires de restaurants collectifs ont introduit un ou plusieurs produits bio dans leur menu. La valeur d’achat des produits bio a été multipliée par 3. Dans le secteur public, le bio représente 11% des achats. L’augmentation est donc de 9% entre 2009 et 2010. «Ce sont les restaurants collectifs les plus imposants en taille qui augmentent leur engagement», précise la directrice de l’Agence. En 2012, 8 restaurants sur 10 devraient inclure des produits bio dans leur menu.
 
Enfin derniers chiffres encourageants, si on considère qu’à la fin 2010, la filière bio ne représente encore que 3% de la SAU et 4% des exploitations agricoles, sur les 4 premiers mois 2011, déjà plus de 1.120 nouveaux exploitants se sont engagés dans la filière.
 
Du 1er au 15 juin, vont se dérouler dans toute la France le «Printemps Bio 2011». L’occasion pour les exploitants d’échanger avec le public et de partager leur expérience avec leurs voisins agriculteurs. Il s’agit de portes ouvertes sur des exploitations, de petits déjeuners, etc. Des apéros bio seront également organisés les 10 et 11 juin.


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